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HISTOIRE DE L’EMPIRE
Sect.VH. jeta sur lui & le poignarda (i). L’Empereur savoir qu’Ottocare laiíTbitHist. d’Al- Prague des trésors immenses; impatient de s’en emparer Rodolphe se hâtalemagne, passer en Moravie, & il étoit déjà sur la route de Bohême, lorsqu’il ap-I2S4 ' I3I 3 ‘ prit qu’Othon, Marquis de Brandebourg & neveu d’Ottocare, avoir pris soind’enlever les trésors & de les mettre en fureté. A cette nouvelle Rodolpheenvoya proposer la paix à Othon, & elle fut rétablie aux conditions que lemariage projeté entre Outra, fille de l’Empereur, & Wenceslas, fils & suc-cesseur d’Ottocare, seroit accompli, & que jusqu’à ce qu’il fût en âge de ré-gner Wenceslas seroit mis entre les mains du Marquis de Brandebourg; queWenceslas ni ses successeurs ne reclameroient plus l’Autriche, la Styrie, laCarinthie, ni la Larmoie, comme de son côté l’Empereur ne demanderoitrien aux Bohémens en dédomagement des ravages commis en Autriche dansPaixnvec la derniere guerre. Dans fa retraite, l’armée impériale fut harcelée par uneunáí.ìie. foule de paysans de Moravie qui, postés derrière des marais & des roseaux,ne cesserent de lancér des fléchés fur les impériaux. Fatigué de leur inso-lence l’Empereur à la tête de ses troupes, s’avança fort avant dans les' ma-rais, dispersa ces Paysans, en tua beaucoup, en prit un très-grand nombre,les fit tous pendre, & alla se reposer à Vienne où il fit une entrée triomphale.
Rodolphe profita du loisir que la paix lui laiíTbit pour rétablir le bon or-dre en Autriche & dans la Styrie, il prit un soin particulier de faire rendrela justice, accorda aux Frisons la confirmation des privilèges qu’ils tenoientde Charlemagne & de ses successeurs; eut la douleur de perdre Anne sonépouse, sœur du Comte Albert de Hobemberg, & trop occupé des affairesde Bohême, il ne put aller pacifier les troubles qui désoloient l’Alsace (2).
Albert, fils de Rodolphe ravageoit les environs de Zurich ; les Seigneurs deGirsperg se d'éfendoient autant qu’ils le pouvoient contre les habitans de Mul-hausen qui s’étoient emparés de Turcheim ; les habitans de Rapolstein, vain-queurs de ceux de Colmar, s’étoient jetés fur le Diocèse de Baie, où ilsexerçoient le plus violent brigandage. Environnés de troubles, les Stras-bourgeois vivoient en paix, parce que leur Evêque, Conrad,mauvais Prélat,guerrier impitoyable, avoit joint ses armes à celles de Laurent, Evêque deTroubles Metz, qui faisoit alors la guerre à Frideric III, Duc de Lorraine. La causeguerres en de cette guerre étínt singulière. Laurent, Evêque de Metz devoir 50000 li-sJipce. vres au Comte de Bar & au Duc de Lorraine; il en avoit refusé le paye-ment , par la seule raison qu’il ne vouloir pas payer. Les deux Seigneursjustement irrités, avoient voulu ravoir par la force la somme qui leur étoitdue, & Laurent se souvenant alors qu’il étoit Evêque, avoit excommuniéses deux créanciers. Ce moyen ni ses alliances avec l’Evêque de Strasbourg &les Comtes de Lichtemberg ne lui réussirent pas , après bien des pertes ilfut contraint de demander la paix, qu’il n’obtint qu’à des conditions fort oné-reuses; aussi les hostilités ne tarderent-elles pas à recommencer entre l’Evê-que Laurent & le Duc de Lorraine. Conrad, Evêque de Strasbourg òt Henri,Comte des deux Ponts embrassèrent la cause de Laurent. Henri, fils aîné duComte de Bar prit le parti du Duc de Lorraine: celui-ci fut vaincu, sc dé-
dom-
(,) Tuger. L. r. cap. II. Citron. Cohn. Part. 1. p. 46. Spener Hist. Germ. Univ.Henri Stero. (-) Hist. AIJat.