D’A L L E M A G N E. Liv, XXV. Sect. VII. 3 i
ment agité par les remords de ses atrocités, & fur-tout de l’horrible affadi- //^ d>A! ,nat de Conradìn; Martin IV expira aussi, regretant infiniment de n'avoir Itmagne, "pas donné des secours efficaces aux chrétiens de la Palestine, il eut pour suc 1 254-1313.
ceíTèur Jacques Savelli, qui prie le nom d’Honorius IV. Dès son avéne- --'
ment au suprême Pontificat Honorius, entreprenant fur les droits de l’Em-pereur, nomma de son autorité Pinzivillc- Elizée, Vicaire de l’Empire en Ita-lie , & l’envoya vers Rodolphe pour le faire confirmer dans cette dignité.
Rodolphe, quoique mécontent de cet attentat, craignant de se brouiller avecle S. Siégé dissimula & confirma le choix d’Elizce, qui se rendit en Tosca- Entreprisene; où il se rendit si méprisable, qu’il fut contraint de retourner h l’Empe- d '^no<iusreur pour le prier de lui donner des troupes h la tête desquelles il pût se fairerespecter. Rodolphe ne jugea point îi propos de lui fournir ce secours, ni dnncTde *de lui laisser plus long-tems le Vicariat de la Toscane, auquel il nommaCno- Rodolphe.derer Evêque de Bâle & son Chancelier: mais dans la crainte que le Papene s’offensât de cette nomination, il chargea son nouveau Vicaire de se ren-dre à Rome, avant que d’exercer aucune des fonctions de fa dignité & decéder en son nom tous les droits que l'Empire conservoit encore sur i’éxar-chat de Ravenne. Ces droits étoient très considérables, & le souverain Pon-tife très-enchanté de cette cession vraiment avantageuse, reçut avec distinc-tion Cnoderer, le laissa paisiblement remplir les fonctions de son vicariat, &s’attacha si sort à lui, que le siégé de Mayence étant venu à vaquer par lamort de Vemhern, le chapitre s’étant divisé & ayant fait une double élec-tion, Honorius rejeta les deux élus & donna cet Archevêché à Cnoderer,qui se voyant alors Archichancelier de l’Empire, eut par là le moyen d’agiravec plus d’autorité (i).
Quelqu’impofantes néanmoins que fustent les dignités de Cnoderer, il trou-va des obstacles qu’il ne put aplanir; en effet, depuis la mort de FridericII, & fur - tout par les désordres du dernier interrègne, l’autorité impé-riale s’étoit enderement évanouie en Italie, & il n’y restoit plus ni villes niSeigneurs qui voulussent se soumettre au chef de l’Empire dont on étoit ac-coutumé à ne plus respecter la puissance. Averti des difficultés qu’é-prouvoit Cnoderer, Rodolphe lui écrivit de chercher, de concert avec le Pa-pe, les moyens de rétablir dans ce pays la souveraineté impériale, on luirépondit vainement que la voie la plus sûre étoit de venir lui - même & de fefaire couronner à Rome. Rodolphe fut fans doute très-excusable de regar- Il vend ender cette cérémonie comme tout-à-fait inutile: mais il ne le fut point detre lialie lesinsensible au refus des villes & des Seigneurs d’Italie, il le fut cependant au árot . ts /"*•point qu’il fit les démarches les plus avilissantes pour entrer en accommode-ment, & qu’il ne rougit point de leur rendre la liberté au plus bas prix, nefe réservant que l’hommage & le titre de souverain. Les auteurs contem-porains assurent qu’il n’en coma à Lucques que 12000 ducats, 6000 à Bou-logne & autant aux Génois. Cette conduite vraiment basië, fit mésestimerRodolphe, qui ne s’étoit déjà rendu que trop odieux par ses injustices, &
}a sordide avidité avec laquelle il souilloit la majesté de son trône (2).
(1) Gerhard a Roo. pag. 35. Czerwenckar. L. I. c. 18- Struvius. (2) CatenaJlijïor. Liv. 2L. cap. 2. Cuspinian. in Rudolph.