HISTOIRE D E L’E M P I R E
Sect. VII.Hist. d'Al-lemagne »125 + 13 * 3 -
Corruptiondis maursdes Ecclé-siastiques,
Demandedu Légatr:jetée avecindignation.
1287.
Entreprisesguerrier esde l’Evêquede Metz.
1287.
Cependant Cnoderer chargé pour son maître, du prix de la liberté desvilles impériales d'Italie, revint-d’italie avec le Légat Jean Buccamali, Evê-que de Tulculum: celui-ci dans un Concile qu’il avoit convoqué à Wurts-bourg, fit publier un reglement fort long au sujet de la réformation desmœurs ecclésiastiques; ces mœurs étoient alors parvenues à la plus révoltan-te corruption ; austì peu modestes dans leurs habits qu’ils étoient scandaleuxdans leur conduite, les gens d’Eglise, disent les auteurs contemporains, en-troient à toute heure dans les appartemens les plus secrets des couvents deReligieuses, jouoientaux dez, paíïòient avec les religieuses qu’ils dirigeoientune partie des nuits, avoient publiquement des concubines, usurpoient, ven-doient & achetoient les bénéfices, & disoient cinq à six méfiés par jour afinBe gagner davantage. Les avoués, lorsqu’ils se sentoient les plus forts, s’em-paroient des revenus & des fonds des églises qu’ils avoient juré de défendre :méprisés autant qu’ils étoient méprisables, les ecclésiastiques étoient impuné-ment vexés, battus, arrêtés, mutilés, mis h mort. Aces désordres le Lé-gat Buccamali opposa des censures, des interdits & des excommunications:mais comme le rétablissement de la discipline ecclésiastique n’étoit pas le butde son voyage, il ne s’occupa que fort peu de cet objet, ■&, de la part duPape, il demanda au clergé la levée d’une décime pendant cinq ans. Unetelle proposition eut dû irriter l’Empereur ; mais bien loin de s’en offenser , ilsaisit cette occasion de demander pour lui-même à tous les sujets de l’Em-pire , une forte contribution. Plusieurs Seigneurs qu’il avoit pris foin degagner, lui firent accorder ce subside, il n’en fut pas de même de la déci-me demandée par le souverain Pontife ; tous les prélats rejetterent cette pro-position ; le Légat osa persister, la dispute s’échauffa vivement, & dans letumulte le neveu de Buccamali & un noble Romain furent tués : le Légatlui même eut beaucoup de peine h se sauver; il partit précipitamment, &prit, fort mécontent, la route d’Italie (1).
L’Evêque de Metz, Bouchard, n’avoit point assisté à ce Concile deWurts-bourg, il favoit que l’on ne devoit s’y occuper que du rétablissement desmœurs des gens d’Eglife, & Bouchard avoit alors des affaires bien plus in>.portantes; il étoit en guerre contre Frideric III, Duc de Lorraine au sujetdu Comté de Castres, que le Duc à qui cette terre étoit engagée refusoit derendre au Prélat, celui-ci plus accoutumé aux expéditions militaires qu’auxfonctions épiscopales, rasièmbla toutes ses forces, livra bataille au Duc, lebattit complètement, alla à Mayence suivi d’une partie de ses troupes, re-çut de l’Empereur l’investiture des fiefs dépendans de son Evêché, contrai-gnit ses ennemis à accepter la paix aux conditions qu’il voulu: leur imposer,continua à se rendre redoutable par fa valeur, & ne quitta les armes quequand la mort, qui le surprit au .milieu de ses projets de guerre, le força îiquitter la vie (2).
Tandis que l’Empereur s’occupoit à Mayence des intérêts de fa famille.,quelques peuples voisins des Comtés d’Uri, de Schweitz & d’Unterwald,firent une violente irruption dans ces trois cantons & commirent d’horribles
ravages
0 ) Naucler générât. 49. Htjlor. Auflrast ail a-tn, 1287. Fugger. L. 1. chap, k5.
(a) Cluonic. Colmar, ívjeurilíe. pag. 481.