D’ALLEMAGNE, Liv. XXV. Sect. VII. 41
lieues de Bergue, vingt cavaliers postés en embuscade par l’Archevcque, #,•,?. eí . AI _l’enleverent & le conduisirent à Bonn, où le Prélat le sic enfermer dans une leníagne,cage de fer, dont le faisant sortir dc tems en tems,il le faifoit exposer à nud, I 2 S4-'3t3.frotté de miel , aux piquures des Guêpes: ce Comte après avoir souffert plu- " *
sieurs fois ce supplice expira misérablement au bout de quelques mois. Pen-dant que ces horreurs se paílòient à Bonn, le Duc de Brabant prenoit pcílef-fíon du Duché de Limbourg , & s’unifiòit h la maison de Luxembourg par lemariage de íh fille aînée avec Henri IV, Duc de Luxembourg.
De cous ceux à qui cette derniere guerre fut onéreuse , les habitans de Géré, astTreves furent les plus maltraités par les brigandages de plusieurs gentilshom- a a ion demes, qui, ruinés par les hostilités passées , s’emparerent du château de ÍArAl ^ i -Noirmcnd, & de là se mirent à infester les environs de Treves, à piller les ^ S de ïre 'campagnes & à porter la désolation dans tous les environs. Boemond, Ar-chevêque de Treves, homme juste , brave & très-attaché à ses diocésains,résolut de les venger, & de punir cette troupe de malfaiteurs. Dans cettevue il se ligua avec Frideric de Lorraine, alla assiéger ces brigands dans lefort de Noirmond, où, après la résistance la plus opiniâtre, il contraignit lesassiégés de se rendre il discrétion, & les envoya tous prisonniers en diverschâteaux. Ce fut la feule fois que Boemond crut que son caractère & fadignité d’Archevêque lui permettoient de prendre les armes. On respecte peula mémoire des autres Prélats de ce tems, guerriers farouches, & mauvaisEvêques ; mais Boemond combattant pour les plus chers intérêts de ses dio-césains, mérite d’être distingué de tous les prélats de son tems ( 1 ).
Quoique le trône Impérial fut vacant depuis plus de neuf mois, personne Elec-ne doutoit que le Duc d’Autriche Albert n’y fût élevé: car, c’étoit un use- teurs fin-ce assez constamment suivi depuis long-tems d’élire celui de la famille du der- . a „ n Tinier Empereur qu on jugeoit le pms digne de lui succéder; d ailleurs, Albert desRomains.avoit des espérances d’autant plus fondées, que dans le nombre de sept Elec- Intrigues deteurs, il comptoit quatre beaux-freres,Louis,Comte Palatin, Albert,Duc l ' Ar, J ltlí ‘de Saxe,Othon, Marquis de Brandebourg & Wenceslas, Roi de Bohême: Mayence.mais il ne favoit pas que Ghc-rard, Archevêque de Mayence cabaloit sourde-ment contre lui, &conduisoit, à l’insçu même des Electeurs, son intrigueavec autant d’adrestè que d’inteliigence. Ce Prélat s’étoit proposé de mettrela couronne Impériale, sur la tête du Comte Adolphe de Nassau son cousin,jeune homme brave à la vérité, mais du reste, fans crédit, sens puissince &qui ne fixoit l’attention de personne. Pour s’affurer de résection de son cou-sin , Gherard prit une route singulière; il montra le plus grand intérêt pourAlbert, & alla dire en confidence à chacun des Electeurs qu’il voyoit avecdouleur ses suffrages se réunir fur un Prince, qu’il nommoic, & qu’il favoitêtre l’ennemi de i’Electeur auquel il parloir. Ce stratagème lui réussit, & lesElecteurs effrayés crurent ne pouvoir mieux faire, pour écarter celui donton les menaçoit, que de rendre l’Archevêque maître de leurs voix, avec pou-voir d’élire le Prince qu’il voudroit, pourvu que ce ne fût point leur en-nemi ; & ils ne doutoient pas que le choix ne tombât fur Albert. Gherardles laissa tous se bercer de cette espérance, & le jour de résection arrivé,
(r) Brouwer. T. a.Tome XL.
F