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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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DALLEMAGNE, Liv. XXV. Sect. VII. 41

lieues de Bergue, vingt cavaliers postés en embuscade par lArchevcque, #,,?. . AI _lenleverent & le conduisirent à Bonn, le Prélat le sic enfermer dans une leníagne,cage de fer, dont le faisant sortir dc tems en tems,il le faifoit exposer à nud, I 2 S4-'3t3.frotté de miel , aux piquures des Guêpes: ce Comte après avoir souffert plu- " *

sieurs fois ce supplice expira misérablement au bout de quelques mois. Pen-dant que ces horreurs se paílòient à Bonn, le Duc de Brabant prenoit pcílef-fíon du Duché de Limbourg , & sunifiòit h la maison de Luxembourg par lemariage de íh fille aînée avec Henri IV, Duc de Luxembourg.

De cous ceux à qui cette derniere guerre fut onéreuse , les habitans de Géré, astTreves furent les plus maltraités par les brigandages de plusieurs gentilshom- a a ion demes, qui, ruinés par les hostilités passées , semparerent du château de ÍArAl ^ i -Noirmcnd, & de se mirent à infester les environs de Treves, à piller les ^ S de ïre 'campagnes & à porter la désolation dans tous les environs. Boemond, Ar-chevêque de Treves, homme juste , brave & très-attaché à ses diocésains,résolut de les venger, & de punir cette troupe de malfaiteurs. Dans cettevue il se ligua avec Frideric de Lorraine, alla assiéger ces brigands dans lefort de Noirmond,, après la résistance la plus opiniâtre, il contraignit lesassiégés de se rendre il discrétion, & les envoya tous prisonniers en diverschâteaux. Ce fut la feule fois que Boemond crut que son caractère & fadignité dArchevêque lui permettoient de prendre les armes. On respecte peula mémoire des autres Prélats de ce tems, guerriers farouches, & mauvaisEvêques ; mais Boemond combattant pour les plus chers intérêts de ses dio-césains, mérite dêtre distingué de tous les prélats de son tems ( 1 ).

Quoique le trône Impérial fut vacant depuis plus de neuf mois, personne Elec-ne doutoit que le Duc dAutriche Albert ny fût élevé: car, cétoit un use- teurs fin-ce assez constamment suivi depuis long-tems délire celui de la famille du der- . a n Tinier Empereur qu on jugeoit le pms digne de lui succéder; d ailleurs, Albert desRomains.avoit des espérances dautant plus fondées, que dans le nombre de sept Elec- Intrigues deteurs, il comptoit quatre beaux-freres,Louis,Comte Palatin, Albert,Duc l ' Ar, J ltlíde Saxe,Othon, Marquis de Brandebourg & Wenceslas, Roi de Bohême: Mayence.mais il ne favoit pas que Ghc-rard, Archevêque de Mayence cabaloit sourde-ment contre lui, &conduisoit, à linsçu même des Electeurs, son intrigueavec autant dadrestè que dinteliigence. Ce Prélat sétoit proposé de mettrela couronne Impériale, sur la tête du Comte Adolphe de Nassau son cousin,jeune homme brave à la vérité, mais du reste, fans crédit, sens puissince &qui ne fixoit lattention de personne. Pour saffurer de résection de son cou-sin , Gherard prit une route singulière; il montra le plus grand intérêt pourAlbert, & alla dire en confidence à chacun des Electeurs quil voyoit avecdouleur ses suffrages se réunir fur un Prince, quil nommoic, & quil favoitêtre lennemi de iElecteur auquel il parloir. Ce stratagème lui réussit, & lesElecteurs effrayés crurent ne pouvoir mieux faire, pour écarter celui donton les menaçoit, que de rendre lArchevêque maître de leurs voix, avec pou-voir délire le Prince quil voudroit, pourvu que ce ne fût point leur en-nemi ; & ils ne doutoient pas que le choix ne tombât fur Albert. Gherardles laissa tous se bercer de cette espérance, & le jour de résection arrivé,

(r) Brouwer. T. a.Tome XL.

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