4 2, HISTOIRE DE L’E M P I R E
S'c.t VII. ils furent dans la plus grande surprise , quand le Prélat proclama Empereurliist '.iï AI- Adolphe, Comte de Nafiàu. 11 s furent indignés de la supercherie; mais ilslemagne, Noient liés par leur compromis, & il avoit fl bien pr,is tes mesures, qu’ilsn54-i3'3- f urent contraints de souscrire h cette élection ; le nouveau Roi des RomainsAilolihe de fut folemnellement couronné h Aix-la-Chapelle,^ où il reçut l’hommage & leNassau est serment de fidélité de tous les Princes, même d’Albert d’Autriche, qui ne leproclamé p r £ ta q U ’ e n frémissant de fureur (i)-
Empercur. Pour tous domaines Adolphe, fils de Walrab, Comte de Nassau, ne possé-1292 ‘ doit que trois Seigneuries fort peu étendues dans le Comté de Nassau; il s’é-toit distingué dans les guerres contre le Duc de Brabant, mais du reste, ilavoit peu de talens & peu de vertu; il s’étoit, quoique fort jeune encore ,fait connoître par de-s vices éclatans, il n’aimoit les femmes que pour les ou-trager, & il étoit hautement accusé d’avoir lâchement abusé par la force, deplusieurs femmes & filles, de quelques veuves, & mcme de plusieurs reli-gieuses. Vain à l’excès, il étoit injurieux, insultant & fort impudent. Telfut le chef que l’Archevêque de Mayence ne rougit point de donner à l’Em-pire (2). Avec tous ses vices, Adolphe commença son rogne sous des auspi-ces fort heureux; il affecta de respecter tout ce que son prédécesseur avoitfait,& ne déplaça aucun de ceux qui tenoient,ou leurs charges ou leurs em-plois de l’Empereur Rodolphe. II témoigna d’abord la plus grande déféren-ce aux sages conseils de Boemond, Archevêque de Treves, & par fa douceuraffectée & ses maniérés bienfaisantes, il s’assura de la fidélité des principalesvilles de l'Empire.
Adolphe Comme les talens militaires étoient les seules qualités qu’on lui reconnut,sait laguer- & qu’il eut effectivement, il crut devoir signaler les commencemens de sonreau Comte re g ne p ar l’éclat de lès armes : dans cette vue, & croyant avoir intérêt h ra-pne.° UrS °' mener les Princes qui paroiffoient très-peu satisfaits de son élection, il con-voqua une diete à Spire «Sc y fit résoudre la guerre contre Othon, Comte Pa-latin de Bourgogne, qui ne se proposoit rien moins que de se soustraire hl’Empire & de se rendre Vassal du Iloi de France, ainsi que nous Pavons dit.Adolphe, sot secondé dans C6 projet par la plupart de ceux qui assisloient àcette diete; mais non par Albert, Duc d’Autriche, occupé alors à négocierun traité avec Philippe le Bel, Roi de France, qui lui fournit un secours de1500 chevaux, avec lesquels Albert alla assiéger & s’emparerde Zurich,ainsique de quelques châteaux du voisinage. Irrité de Pespece de défection duDuc Albert, Adolphe, dans Pintention de se venger, marcha vers laSuabe,résolu de s’emparer des fiefs que le Duc possédoit dans cette province. II nefut pas heureux dans cette expédition, il fut contraint de Pabandonner, avantmême que d’avoir pu rien tenter. Le désir de punir Albert, & la crainte,s’il l’attaquoit, a avoir pour ennemi le Roi de France, Pengagea h envoyer à ceMonarque des ambafiadeurs chargés de conclure un traité avec lui & de de-mander la restitution du Royaume d’Arles, & l’hommage du Comte de Bour-gogne. Philippe le Bel ne voulut pas même accorder audience h ses ambas-sadeurs , & les renvoya chargés d’une grande lettre cachetée & qui ne conte-
(0 Annal. Colomb, ai artn. 1292. Dejcript. du Gouvern. German. (2) Albert ArgentinCitron, Colmar. Spener aiì ann. 1292.