Sr HISTOIRE DE L’EMPIRE
Sïct. vil. rent de lui payer, en reconnoislànce des services qu’il leur rendroit (i). Cetraité de paix ne ramena pas le calme dans ce pays, Diether, Archevêque delemagr.e, Treves, Prélat ambitieux, remuant &' oppresseur voulut soumettre les habi-ir;4-rzi z. tans Cobiens à des charges très-onéreuses; ils refusèrent de les payer, &rr " l’Archevêque ne demandant pas mieux que des prétextes de guerre, ratlèmbli
une armée nombreuse, il marcha contre Coblens & en forma le liège: leshabitans hors d’état de résister, se soumirent, reconnurent le Prélat pour leurSeigneur spirituel & temporel, lui prêterent ferment de fidélité, & promirentde payer les impôts qu’il exigeoit quelqu’accablans qu’ils fuíîent. Diether s’é-toit couvert de gloire ; mais ses entreprises guerrières & i'exécution de ses pro-jets de conquête l’avoient jeté dans les plus excessives dépenses ; il étoit acca-blé de dettes, 6t avoir même été contraint d’engager plusieurs de ses domaines^enforte que liors d’état de soutenir son rang il perdit infiniment de son auto-rité & devint odieux à son chapitre, qui l’accusa d’avoir attenté aux droits &Entreprises h la liberté de PEglise. Diether assez mauvais Evêque étoit à la vérité plusmr,n de accoU cumé aux évolutions militaires qu’aux fonctions paisibles de PEpiscopat;sirchliìjui mais âu reste, ses mœurs étoient fort pures, & bien assuré de détruire lesde Treves, imputations de ses ennemis il se difposoir à passer en Italie pour se justifierauprès de Clément V des vices dont on le chargeoit : mais la mort le délivra4u soin de se justifier, & ses ennemis mêmes rendirent justice à fa mémoire.
Albert, depuis les premiers te ms de son régné avoit donné tant de sujetsde mécontentement qu’il ne pouvoit gueres ignorer les dispositions défavora-bles k son égard. Il s’écoit flatté que la couronne Impériale passeroit après famort fur la tête da son fíis Frideric, & lorfqu’il fut assassiné il songeoit à*lefaire élire Roi des Romains, mais il n’est pas vraisemblable qu’il eut détermi-né les suffrages des Electeurs, à en juger par la maniéré dont ils fs conduisi-Iptsrngne. rent lorsque le trône de l’Empire fut vacant. En effet ils resterent diviséspendant près de 7 mois par le grand nombre de concurrens qui aspiroient à lacouronne, & nul d’entre les fils d'Albert ne fut mis feulement fur les rangs (2).Le plus puiíïànt d’entre ces afpirans à PEmpire étoit Philippe le Bel, Roi deFrance: non qu’il recherchait pour lui-même cette éminente dignité; maisil vouloit l’obtenir pour son frere, le Comte de Valois, sondant principa-lement fes espérances fur la reconnaissance du Pape Clément V, qui à la vé-rité lui étoit redevable du suprême Pontificat ; mais qui n’en étoit pas pouxçela mieux disposé à servir en cette occasion son ancien protecteur, dont ilcraignait trop la puiílànce, pour qu’il désirât de la voir augmenter (y). Phi-lippe, asin de décider le Souverain Pontife à seconder le Comte de Valois,avoit délibéré dans un conseil secret daller lui-même solliciter Clément, &
Intrigues de l’inciinider au point, qu’il n’osàt pas le refuser. Dans cette vue, il se
de Phuppe r endoit à Avignon accompagné de toute là cour & suivi de 6000 chevaux.
veucfJre Mais le secret de cette délibération transpira. Clément V en fut instruit, &
étire Empe- son embarras fut extrême: car, si d’un côté, le sceptre impérial tomboit en-teurieComte tre les mains d’un frere du Roi de France, qui avoit déjà restraint l’autorité du^harrlfíe ^‘ e S e & ne manquerait pas, secondé par le Chef de l'Empire, de res-
Qémtí ií T.
(l) Hijl. de Lorraine. T. 2. Armai, Trevir. T. 2. (2) Struvîus Period. 9, S ;3 4.
(z- Baiuz. Vu. Pap. Avenion. p. n 9. Daniel, Bst, de Tr, Albert Aiuíìacus. Lib. 1.