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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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HISTOIRE DE L’EMPIRE

SlîCT.VlIl.ílist. à’ Al-lemagne ,1314-1400,

Bataillesanglanteentre les ar-mées desdeux com-pétiteurs.Viiïùìre in-décise.1316.

Longue

vacance

dû S. Siégé,

Toutefois, les deux concurrens au trône Impérial comprenant que desdiètes & toutes les délibrations que l’on pourroit y prendre, ne parvien-droient jamais à terminer leur différend, avoient un égal désir de vuider leurquerelle par une action décisive: leur vœu ne tarda point à être rempli enpartie: Frideric en effet, étant allé former le siégé d’Eslingue fur le Neckre,Louis, suivi des troupes que le Roi de Boheme lui avoir envoyées, marchaau secours des assiégés. Au bruit de son approche, Frideric impatient decombattre, vola au devant de son compétiteur : les deux armées fe rencontrè-rent fur les bords du Neckre, & peu de teins après le combat s’engagea. Lesdeux partis animés d’un égal désir de vaincre, & chacun commandé par unchef qui avoir le plus grand intérêt à la victoire, le choc fut terrible & san-glant: après bien des efforts de part & d’autre,le champ de bataille fut aban-donné par les deux armées, aussi fatiguées l’une que l’autre d’attaquer, de fedéfendre & de s’efforcer vainement de remporter la victoire, qui resta indé-cise. II est vrai que Louis y perdit plus de monde; mais il avoir plus deressources, & Frideric fe sentit d’autant plus affoibli, qu’à la difficulté de ré-parer la perte qu’il venoit de faire, si joignoìt l’indifpenfable nécessité demarcher à la défense de fes Etats, que son rival actif étoit allé ravager (1).

Frideric ne s’obslina plus au siégé d’Eslingue & il courut défendre les paysAutrichiens : les hostilités continuèrent toujours avec les mêmes alternativesd’avantages & de défaites ; des deux côtés la guerre fe soutint avec la plusgrande vivacité entre les deux Césars qui , mettant tout en œuvre pourfe faire des partisans,ne s’en faifoient qu'à à proportion des grâces, des privi-lèges, des bienfaits & des dignités qu’ils prodiguoient tous deux.

Le Schisme de l’Empire n’étoit pas alors le seul qui divisât les provincesde l’Europe ; la mésintelligence des Cardinaux, moins cruelle à la vérité,mais non moins scandaleuse, déchirait le sein de l’Eglife. Depuis près dedeux ans que le Pape Clément V étoit mort, les Cardinaux étoient d’autantmoins empressés h lui donner un successeur, que la plupart d’entre eux fort ir-rités de la conduite du dernier Pape, & craignant qu’elle ne fût imitée parcelui qu’ils éliraient, aimoient mieux laisser vacante la chaire de S. Pierre,que d’y placer un semblable déprédateur. Ces craintes à la vérité n’étoientque trop fondées, & Clément V avoit si puissamment aimé l’argent, que ,pour s’en procurer, il avoit assez indécemment abusé de fa puiílànce spiri-tuelle. A la cour tout fe vendoit, les dispenses, les bénéfices &c. ; aussi laiílà-t-il d’immenfes trésors à íës neveux & h fes parens, outre les biens qu’ilavoit prodigués h la Comtesse de Périgord, fille du Comte de Foix, jeune& très-belle femme, pour laquelle ce Souverain Pontife avoit eu la plustendre amitié (2).

Les délais que ne cefloient de demander les Cardinaux fatíguoient Phi-lippe le Bel, qui tenta vainement de les déterminer à procéder à sélec-tion ; Philippe le long, frere & successeur de Louis le Hutin fut plus heu-reux , il engagea séparément chacun des Cardinaux à fe rendre h Lyon, &quand ils y furent tous rassemblés, il les fie renfermer dans le couvent des

(1) Albert Arg. p. 120. Cuipinian in Fred. &Lud. Sper.er Tom. 2. Lib. 1. (2) S. An-thon. Florent. T. 3. P. 287. Fleury Iíijl. Eccl. Tom. 19.