Hijl. d’Af.
lemagne,
1314-1400.
EleUion du
Pope Jean
XXII.
Sa naissiH*ce, fa fortu-ne U soncarallere.
D’ALLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. VIII. 87
Freres Prêcheurs, leur déclarant qu’ils n’en sordroient pas, que Je S. Es-prit, par leur organe, n’eut désigné un Pape. Quoique fort étroitementresi'errés, les Cardinaux disputèrent encore pendant 40 jours; mais enfin,ennuyés de la clôture d’où il ne leur étoit ni permis, ni possible de s’éloi-gner, ils élurent tout d’une voix le Cardinal Jacques d’Osiâ Evêque de Por-to, qui prit le nom de Jean XXII (i) c’est lui qui excita en Allemagne,en Italie & dans la plupart des Gouvernemens de l’Europe les plus funestesguerres, & qui se signala par son talent à fomenter, à exciter les troubles, lesdivisions, à entretenir la discorde, à préparer les révolutions. 11 étoit fils d’unSavetier de Cahots, si pauvre, que, hors d’état de pourvoir à la subsistan-ce & à l’éducation de Jacques, il avoit regardé comme un grand avantagede le faire recevoir domestique chez Pierre Perrier, Archevêque d’Arles,
& en Provence Chancelier de Charles II, Roi de Naples. Le jeune Do-mestique montra des dispositions si heureuses, que le charitable Perrier luifit faire ses études ; il fut surpris de la rapidité de fes progrès dans les scien-ces & fur-tout dans la connoiífance des Loix. En effet, Jacques d’Ossa se dis-tingua si fort, qu’il fut élevé jeune encore à PEvéché de Frejus, & quel-que tems après à la dignité de Chancelier de Robert, Roi de Naples, va-cante par la mort de Perrier. Clément V eut occasion de le connoître, &il prit tant d’amitié pour lui, qu’il le transféra à PEvéché d’Avignon, &deux ans après le décora de la pourpre Romaine, ce fut par ces degrés,ou plutôt par son propre mérite qu’à 1 âge de 70 ans, d’Osla parvint à laPapauté. II étoit de petite taille, mais d’un esprit hardi, vif, pénétrant,d’une rare sagacité, d’une ambition démésurée ; ensorte que cet homme,quoique fils d’un Savetier, ne fe vit pas plutôt fur la chaire Pontificale,qu’il fe prétendit au dessus de tous les Souverains, non en vertu de son titre deLieutenant de Dieu fur terre ; mais en vertu de fa puislànce temporelle (2).
Ebloui de fa propre grandeur il étoit naturel que d’Osià s’efforçât derépandre l’illusion qui le séduisoit; & tâchât d’inspirer aux autres les idéesimposantes qu’il avoit de la suprématie de la chaire Pontificale sur les trô-nes des Rois; aussi commença-1-il par publier les constitutions de ClémentV; constitutions injurieuses, & qui étoient tout autant d’attentats è la préé-minence & aux droits de la majesté impériale. Peu content de déclarer letrône de l’Empire vacant, quoiqu’il y eut deux Rois des Romains au lieud’un; peu content de prétendre que le gouvernement de cette monarchie Troubles &appartenoit au Pape, h qui Dieu même l’avoit confié en la personne de 8. violencesPierre; peu content enfin de nommer Robert, Roi de Naples, Vicaire de qu ' il ™ u s el’Empire en Italie, Jean XXII cita Louis & Frideric b son tribunal, afin m ta,t ’qu’il pût connoître leurs raisons & décider ensuite auquel des deux apparte-noit la dignité impériale. Ces coups d’autorité eurent tout l’effet qu’ils dé-voient avoir; ils irritèrent violemment les Gibelins, qui, partisans de Louis,retinrent le Vicariat de l’Empire dans les villes où ils fe trouvoient les plusforts: leur résistance enflamma de courroux Jacques d’Ossa; il fe mit à la
î. (s) Tom. s.g. ,37. Mata-