II I S T 0 í R E DE L’E M P I R E
Skct.VIH.Hill. d’Al-lemagne ,IZ14-.402.
Soins Cj dé-marches del’Au’ipapeJecondé parLouis F.
Les Ro-nnins sou-levés con.reLouis V,Votli^ent des'enfuirav ìc IonAntipape.
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il avoir embrassé les plus rigoureuses maximes, il fe composa une brillantecour, eut une table somptueuse, &, asm de ne pas manquer de Cardinauxen créa plusieurs: on sent que Jacques Albertin,& Fabiano, ce Moine Au-gustin qui par son Sermon avoir si fort aigri les Romains contre Jean XXII,ne furent pas oubliés.
Cependant Louis V, qui dépensoit prodigieusement pour l’entretien deson Antipape, alla à Tivoli, d’où quelques jours après revenant camper fousles murs de Rome, il y fit son entrée solemnelle, accompagné de Nicolas &des nouveaux Cardinaux, b la tête desquels traversant à cheval une partiede la ville, il se rendit à S. Pierre, où il donna la calotte rouge b Nicolas,sacré par Albertin, A ensuite couronné par Louis, qui reçut à son tour lacouronne Impériale des mains del’Antipape: celui-ci nomma quelques Lé-gats: & Louis, avant que de sortir de Rome y établit pour Sénateur Rainierde la Fagiola, qui pour essai de son autorité sic brûler vifs deux citoyens,pour la feule raison qu’ils avoient dit que Pierre de Corbière n’étoit pointPape légitime.
Afin de mieux jouer le rôle de Souverain Pontife, l’Antipape Nicolaspublia deux bulles: dans l’une, après avoir confirmé la déposition de JeanXXII, il déclaroit tous les adhérans b ce Pape privés de leurs bénéfices,dont il se réservoir la liberté de disposer: par l'autre il désendoit à qui quece fût d’ôbéir b Jacques de Cahors, sous peine d’encourir les censures décer-nées contre les hérétiques (1). Cependant le Roi de Naples profitant duséjour inutile de Louis V b Rome se fortifioit dans la Campanie, repoussoirles Impériaux & mettoit la Terre de Labour b l’abri de toute invasion. Bien-tôt il les attaqua lui - même, les battit, s’empara d’Anagni, d’Oílie & leurferma tous les paílàges, en sorte que manquant de vivres & de munitionsl'Empereur, après avoir inutilement tenté de dégager ses troupes, fut con-traint de rentrer dans Rome, d’oùlc-s Napolitains Rapprochèrent. Tant queLouis avoir eu la supériorité, les Romains lui avoient obéi: mais l’avantagedes armes étoit passé du côté des Napolitains, & les citoyens de Rome mur-murèrent hautement contre l’Empereur qui, disoient-ils, au lieu de leurapporter i’abondance, les exposent aux horreurs de la famine & de la guer-re , les épuisent par ses dépenses excessives & celles de son Antipape qu’ilsécoient fatigués d’entretenir. Bientôt ces murmures dégénérèrent en sédition,& elle fut si violente, que Louis fut contraint de sortir de la ville, pouréviter cette foule de rebelles qui le poursuivirent h coups de pierre:pénétré de honte & de chagrin, il se retira b Lodi avec Nicolas V. (2).
A peine le chef de l’Empire s’éloignoit de Rome, que Berthold des Ur-sins & Etienne Colonne y entrèrent, suivis de quelques troupes Napolitaines.Les Romains montrèrent autant d’empreílèment b rentrer sous l’obeissance deJean XXII qu’ils avoient témoigné de joie lors de fa déposition. Ils maudi-rent Louis & Nicolas: asm même de prouver b quel point ils détestaient lesennemis du Souverain Pontife, ils allerent déterrer les cadavres des Alle-mands,
■CO Viìiani. L, 10, Fleury. Hisf. Ecctes, L. 93. RavmW nd ami. 1328. N». 44-45.{2; Vegtìti Toin. 5, l-leury. Jlijl. Ecoles. L. 93. Spencr ai ami. 1328.