Buch 
40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
Seite
113
JPEG-Download
 

D’A LLEMAGNE, Liv. XXV. Sect. VIII. ii 3

mands, les traînèrent dans la boue & les jeterent dans le Tybre. La nou- fíijl, d’Abvelle de ces excès causa la plus sensible joie au Pape Jean, & le plus cuisant lemagne,chagrin à Louis V: il s'en prenoit fur-tout à Frideric, Roi de Sicile, qui ïSU-'-too,ne lui avoit pas envoyé les secours qu’il s’étoit obligé de fournir. Cependant “

le fils de Frideric, Pierre de Sicile, s’avançoit & ne cherchoit qu’à réunir Louts dè-ses forces à celles de l’Empereur, avec lequel il eut une entrevue à Corne- fufè^decln-to ; mais en vain le Prince de Sicile s’eíforça de ranimer le courage de Louis tinuer laV ; il ne put le disposer à continuer la guerre, de sorte qu’il remit à la voi- guerre ;le pour s’en retourner en Sicile. Sa traversée fut très - malheureuse ; une vio- s^ at ' on f a "lente tempête submergea presque toute la flotte , & il ne restoit plus à V *Pierre que quatre galères en fort mauvais état, lorsqu’il rentra dans lePort de Messine (t).

L’Empereur avoit en effet, d’autant moins d’empreslèment à continuer laguerre, qu’il venoit d’être abandonné de la plus grande partie de la cavale- $ sccur{rie Allemande , qui , faute de payement avoit refusé de servir. Louis étoit offert, *réduit à la plus inquiétante situation, lorsque les pirates d’Alger, de Tunis l'Empereur.& de Tripoli lui envoyant offrir cinquante vaisseaux chargés de soldats & desecours de toute efpece, promirent de le secourir dans fes entreprises fur leRoyaume de Naples, le priant seulement de leur désigner le port d’Italie oùil vouloir qu’il s se rendissent. Ce secours, quelqu’odieux que fussent ceux quil’offroient, fut accepté par Louis V, auquel très-peu de tems après Jean, Roide Bohême fit donner avis qu’il paíseroit inceísemment en Italie à la tête d’unenombreuse armée. Le Roi de Bohême n'étoit pourtant encore rien moinsqu’en état de remplir ces promesses ; il n’avoit pas entièrement terminé laguerre qu’il faisoit aux Lithuaniens en faveur des Chevaliers Teutoniques,qu’il vouloir rétablir dans la Prusse; il est vrai qu'il avoit eu les plus grandssuccès ; & qu’il s’étoit même rendu maître de toute la Lithuanie, dont il•avoit fait présent au grand maître de l'ordre Teutonique, malgré les préten-tions du Roi de Pologne, qui faisoit valoir ses droits fur cette Province.

Tandisqu’à la fuite de cette glorieuse expédition, le Roi Jean de retour 11 Je renia.en Bohême s’occupoit h former d’illustres alliances, & à procurer de solidesétabliffemens h ses enfans, Louis V & son Antipape se rendoient à Pise, où A fuV.“d’abord ils reçurent les honneurs les plus distingués. Pierre de Corbière se 1329.conduisit dans cette ville comme il s’étoit conduit à Rome, & trop facile àse persuader que les Pisans lui étoient sincèrement attachés, il se mit à prê-cher, & à la fin de son sermon, qui vraisemblablement ne rouloit ni surl’humanité, ni sur la charité Chrétienne, il accorda des indulgences pléniè-res à quiconque renonceroit à l’obéiíTance de Jean XXII. Louis V & sonAntipape réitérèrent si souvent leurs sentences contre le Souverain Pontife& le Roi de Naples, ils mécontentèrent si sorties Guelphes par leur sévéri-té, & les Gibelins par les contributions qu’ils ne cesloient d’exiger, que lesPisans fatigués d’un séjour aussi dispendieux finirent par se révolter, & le sou-lèvement fut tel, que Louis fut contraint de se retirer au plus vîte, laissentpour son Lieutenant à Pise Tarlat d’Arezzo. (2) Louis V n’étoit plus heu-

(1) Voy. dans cette collection: au Tom. 37. Histoire des Roy. de Naples £? de Sicile.

!.. 2.;. ch. 9. Se$. V. P. 235. (2) Veghel. Ital. Sscr, Tom. 2. P. 784. Villani L. 10.

c. 116-123. Vit. Papar: Jesnion. P. 143.

Tome XL.

P