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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D'A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIII. 119

bre, & ce qui IV détermina furent deux renforts qu’il reçut inopinément,l’un d’un corps assés considérable d’Italsens qui vinrent se ranger sous ses dra-peaux, l’autre de quelques escadrons de cavalerie que l’Archevèque de Trê-ves venoit de lui envoyer. Toutefois, il s'en falloit encore de beaucoup queles forces des dc-ux partis luisent égales; mais la valeur de Charles fupléant cunombre, il alla fierement attaquer les Guelphes 6c les Gibelins, qui étonnésde l’ìmpétuosité du choc, prirent l’épouvante, fe défendirent mal & furentcomplettement battus (1).

Quelques jours après cette action le R.oi Jean de Bohême vint rejoindreson fils, rétablie le bon ordre enLombardie, & eût fini vraisemblablementpar soumettre l’Italie entiere, fi la nouvelle du progrès désarmés du Ducd’Autriche, qui avoit déjà reconquis toutes les places qui lui avoient été en-levées n’eut obligé Charles & Jean à reprendre la route de Bohême. Leur en-trée dans Prague fut une espece de triomphe: la gloire dont le jeune Char-les venoit de se couvrir fixoit sur lui tous les regards ; les Seigneurs lui té-moigtioient le plus grand attachement & le peuple ne le voyoit qu’avec admi-ration. Tant de marques d’eílime 6c de respect inspirèrent de la jalousie auRoi Jean, qui, piqué de se voir un peu négligé dans fa cour, en écarta sonfils, qu’il envoya avec son épouse en Moravie, en le créant Marquis de cetteProvince, afin que cet éloignement n’eût rien qui ressemblât à un exil (2).Le séjour de la Moravie fut pour Charles un nouveau sujet de s’illuítrer, 6cles triomphes qu’il remporta fur les Polonois ne firent qu’accroître l’estime& la tendresse des Bohémiens, 6c ajouter à la jalousie de Jean, qui, agitépar ses soupçons & dévoré d’inquiétude, s'exila lui-même de son Royaume,& se retira dans le Duché de Luxembourg. Ce fut de là qu’il se rendit àAvignon, où étoit auífi le Roi Philippe de Valois, qui fit d’inutiles effortspour lui persuader d’adopter le plan d’une croisade sort mal adroitement ima-ginée par Philippe 6c Jean XXII.

A peine le Roi Jean étoit rentré dans son Duché de Luxembourg que lanouvelle de la mort d’Elisabeth son épouse l’obligea de passer en Bohême,où il trouva ses trésors si fort épuisés & les finances si ma! administrées, quemanquant d’argent, & ayant une guerre à soutenir contre les Polonois &les Lithuaniens, il fit frapper une monnoye de très-mauvais aloi; le peuplemurmura,, les commerçans se plaignirent vivement; mais la nécessité rem-portant en cette occasion fur les représentations des Bohémiens, même sel-la justice, Jean laissa subsister cette monnoye jusqu’à la fin de cette guerre.C’étoit pour la défense des Chevaliers Teutons que le Roi de Bohême s’é-toit déclaré contre les Polonois, qui s’étoient emparés de quelques villesappartenantes à cet ordre: Jean fondit fur la Poseanie, 6c alla assiéger Cra-covie, dont, après une très-longue résistance, il contraignit ses habitans àcapituler, ces hostilités finirent par la médiation du Roi de Hongrie: le trai-té qui rétablit la paix fut également favorable aux Polonois & aux Bohé-miens: il fut convenu que le Roi de Pologne renonceroit h toutes (es pré-tentions fur. la Silésie; 6c que áe son côté, le Roi de Bohême en ceffanc

//</?. d’At.letnngne,1314-1400.

Il triomphedes Gnel-phes & ■.UsGibelins.

Le RoiJean ja-loux ds lagloire deson fils jeretire dansson Duchéde Luxem-bourg.

1332 *

Guerre deJean , Roide Bohêmecontre leRoi de Poelogne, ûffFaix.

(r) Id. ibid. Hijl. Luxemb. L. 48.Hijt. Germ, Univ. ad ann. 1331,

(2) Dubrav. IT-jl, Boj.nn. L. 21. Spens/