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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Lrv. XXV. Sect. VIIL 121

mille marcs d’argent h condition qu’il continuerait ses entreprises contre le

chef de l’Empire. Quelque foible & pusillanime que fut Othon, il fut fcan- lemngne,

dalisé des exorcations très-peu chrétiennes d u Pontife, & bien loin d’adhé- 1314-14-0

rer k ses conseils, il sic la paix avec Louis V, qui lui donna 20 mille marcs r ~" ~ ‘

d’argent en dédommagement des frais de la guerre. Cette réconciliation d’O-

thon avec Louis acheva d’affoiblir en Allemagne la faction du Pape, qui

n’avoit plus pour lui que Berthold, Evêque de Strasbourg; mais Berthold

paya cher son obstination à lutter seul contre Louis V, il eut à se défendre

contre une foule de Seigneurs soulevés contre lui; il est vrai qu’il dévasta

cruellement les terres de plusieurs d’entre eux, mais cette vengeance ne le

dédommagea point des pertes qu’il eíTuyoit lui même.

Tandis que le Prélat Berthold s’efforçoit de faire respecter ses armes, lesStrasbourgeois fe délivroient du gouvernement oppressif des nobles, & don-noient à leur ville une nouvelle forme d’administration ; une querelle impré-vue donna lieu à ce changement. Quelques nobles s’étant assemblés dans unemaison pour y souper, & ayant imaginé de donner un bal à la suite de cerepas, les nobles de Mullenheim & ceux de Zorn prirent querelle ensem-ble, les asiìstans fe mêlèrent dans la dispute, elle s’échauffa: des deux cô-tés 011 prit les armes, & plusieurs d’entre eux s’entr’égorgerent. Comme lenombre des morts fut plus considérable du côté des gentilshommes d’audehors de la ville, ils sortirent de Strasbourg, résolus de revenir le lende-main. Pendant la nuit Burckard Twinger, Boulanger de Strasbourg raíîèm- Révolutionbla ses voisins, leur peignit le péril que courraient les bourgeois, s’ils ne à Stras-s’opposoient k l’entrée de ces nobles, qui, leur dit-il, après s’être vengés, J 0 Ur 8 'fe réuniront aux nobles de la ville pour achever de nous opprimer. Ce dis-cours fit une telle impression fur ceux qui l’entendoient, qu’ils allerent prierle Magistrat de leur confier les clefs, le sceau & l’étendard de la ville, pro-mettant d’empêcher les nobles du dehors d'entrer dans Strasbourg, & degarantir les habitans du danger qui les menaçoit. Les magistrats que la crain-te de ce combat allarmoit vivement, accordèrent k ces bourgeois la permis-sion qu’ils demandoient; ceux-ci ne furent pas plutôt les maîtres des portesde la ville, que faisant part au reste du peuple du dessein qu’ils avoient con-çu, ils créerent un nouveau Sénat, ôterent la prépondérance aux nobles,établirent de nouveaux Magistrats, & nommèrent le boulanger Twinger,auteur de cette révolution, maître des corps de métiers; place qui lui con-venoit d’autant plus, qu’elle le mettoit à ia tête du peuple, dont il étoit re-gardé comme le libérateur CO*

Pendant qu’k Strasbourg les nobles perdoient irrévocablement l’autoritédont ils avoient trop long-tems abusé, Louis V, par la douceur de son gou-vernement & son zele pour la justice, affermissoit la paix dans les provincesde l’Empire ; & terminoit avec équité les différens qui s’étoient élevés entreles Princes de la Bailè Bavière, au sujet de la succession de Rodolphe leurpere. Chéri & respecté des seigneurs & du peuple , l’Empereur jouissoirpaisiblement du calme qu’il avoit ramené dans ses Etats, & s’occupoit très-

(1) Hertzog L. 6. P. 4S. Konigshov. Chrome. Alfat. Knipsch. De civit. Imper. L. 5.c. 50

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