Buch 
40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
Seite
127
JPEG-Download
 

D’A L L E'M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIII. 127

si puantes dans la forteresse, qu’elles corrompirent les eaux, les provisions,& infectèrent si fort les assiégés qu’ils ne purent plus fe soutenir; Walter fesauva déguisé en paysan; sa garnison fut obligée de sc rendre aux vainqueurs,qui, après avoir fait couper la tête à un gentil-hcmme & à quarante sol-dats, lierent trois ouvriers qui s’étoient signalés par les secours qu’ils avoientfournis aux assiégés, les mirent dans une machine propre à jetter des pierres& les lancèrent contre les murs de la forteresie contre lesquels ils s’écraferent.Schwanau fut ensuite entierement démoli, de sorte qu’il n’en resta aucunvestige & Erstein subit le môme fort (1).

A la tête des Srasbourgeois, l’Evêque Berthoîd alla ravager les envi-rons de Stc-inbach appartenant au Comte d’Oetingue son ennemi. Ce der-nier ligué avec le Comte de Wirtemberg alla porter fes plaintes h l'Empe-reur, déjb très-irrité de ce que le Prélat n’avoit point encore fait hommagede fes fiefs à l'Empire, il voulut l’y contraindre; mais Berthoîd, qui tenoitpour le Pape, & regardoit Louis comme très-justement excommunié, refu-sa , & dit que jamais il ne reconnoitroit pour maître un hérétique. Indignéd’une telle réponse , Louis V envoya des troupes avec ordre de ravagerles terres de PEvêque, mais celui-ci fécondé par l’Evêque de Metz & leDuc de Lorraine arrêta les Impériaux, les obligea de s'éloigner, alla con-tinuer fes hostilités contre les Comtes d’Oetingue & de Wirtemberg, futà son tour poursuivi par Louis V, qui l’obligea de se renfermer dans lechâteau de Kokerberg, où il voulut périr plûtôt que de rendre l’hommageqn’on exigeoit de lui & qu’il fe croyoit obligé en conscience de refuser.L’Empereur , soit qu’il voulut ménager cet Evêque, qui s’étoit en effetrendu très-formidable, soit par égards pour le Souverain Pontife qu’il son-geoit alors à ramener, consentit à terminer cette contestation aux seules con-ditions que Berthoîd, fans rendre hommage, s’obligeroit feulement à ne pas«'opposer aux officiers de l’Empire, & même qu’il les seconderoit quandil en scroit requis (2).

Si Louis V, avoit formé le projet de fe réconcilier avec le Pape; Bé-noit XII de son côté paroissoit d’autant plus disposé à se prêter à un accomo-dement, qu’il étoit alors en mésintelligence avec Philippe de Valois, quiavoit demandé, pour fe mettre à la tête d’une croisade, i'°. qu’on lui livrâtllmmense trésor rassemblé par Jean XXII, 2°. qu’on accordât pendant 10ans la levée d’une décime fur tous les biens ecclésiastiques de la Chrétienté,3°. qu’on accordât à Jean, Duc de Normandie son fils tous les droits réclaméspar l’Empire fur la Provence, leDauphiné, quelques autres Provinces, &que l’on en formât un Etat sous Je nom de Royaume de Vienne. Très éton-nés de ces propositions le Pape & les Cardinaux n'eurent garde de les ac-cepter, furent très-mécontens & ne parièrent plus de croisade à Philippe. In-struit dès dispositions de la cour d’Ávignon, l’Empereur y envoya des Am-basiàdeurs chargés de négocier fa paix avec l'Eglise; mais Philippe de Valoiscraignant qu’une fois réconcilié avec le Pape, Louis V étroitement lié avecEdouard ne devint un ennemi trop redoutable, s’oppofa de toute sa puislân-

Ilìsl. d’M-lemaane ,1314.1400.

Cessationdes Trou »blés d'Ahface.

(1) Chrnnic. Vìtvfor, C hrenic, Akt. Hift. jífac. L. 24,,E. 125 -12(5.

Inutilesdémarchesde Louis Vpour fe ri.concilieravec lePape Bénit}-XII

(2) Albert Argentin;