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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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Négocia-tion com-mencée à?brusque-ment rom-pue parLouis F,1337 -

128 HISTOIRE DE L’EMPIRE

ce h ce raccommodement , qui lui auroit été d’autant plus préjudiciable,qu’il auroit été obligé de restituer les villes de l’Empire que Jean XXII luiavoit données en garde: Casimir, Roi de Pologne, Charobert, Roi de Hon-grie, Robert, Roi de Naples & fur-tout le Roi de Bohême s’unirent avecle Roi de France, pour s’oppofer à cette réconciliation: Henri de Bavière joi-gnit ses instances à celles de ces Souverains ; ensorte que BénoitXII, natu-rellement timide n’osa palier outre, &, malgré lui-même, reçut très-froi-dement les Ambassadeurs de Louis & ne leur donna que des réponses vagues.

Piqué avec raison de ce refroidissement, dont il démêloir les véritables au-teurs, l’Empereur fe ligua secrètement avec le Roi d’Angleterre contre Phi-lippe; mais le secret transpira; & Bénoit XII qui par fa pusillanimité enétoit en partie la cause, écrivit à Louis, pour l’exhorter à rompre cette al-liance , & à travailler sincèrement à fa réconliation avec l’Eglife, Louis V nejugeant point à propos de rendre compte des raisons qui l’avoient engagé àtraiter avec le Roi d’Angleterre, fe contenta d’envoyer au Pape des Ambas-sadeurs chargés d’une procuration par laquelle il déclaroit qu’ignorant que cefut une hérésie de dire qu’un Empereur peut déposer un Pape, de même quele Pape croyoit pouvoir fans hérésie détrôner l’Empereur, il avoit fait élirePierre de Corbière; mais qu’il étoit fort repentant de cette opinion, ainsique de tout ce qu’il avoit fait en conséquence. Cette Ambassade ne produisitrien, non plus que les lettres de Louis V à Benoit XII, elles resterent fansréponse (1).

Cependant la guerre s’enflamoit entre la France & l’Angleterre : Robertd’Artois, Prince dusang de France, & banni du Royaume, s’étoit ligué avecle Roi d’Angleterre, & Philippe, dans l’efpérance de gagner l’Empereur enle réconciliant avec le St Siégé, & de l’attirer dans son parti, fit partir pourla Cour d’Avignon des Ambassadeurs qui entrerent en conférence avec ceuxde Louis. Déjà l’on étoit convenu de part & d’autre des principales condi-tions, & l’on ne doutoit plus que cette grande alliance ne fût incessammentterminée, quand Louis V envoya ordre à ses ministres de rompre la négocia-tion , de quitter Avignon & de fe rendre auprès de lui. Cette conduite futhautement blâmée, & peut-être on eut tort; car enfin, l’une des conditionsde cette paix étoit que l’Empereur quitteroit le parti d’Edouard & défendroitla cause de Philippe. Or, Louis ne crut pas pouvoir avec honneur fe ré-concilier avec le S. Siège aux dépens du Roi d’Angleterre son allié. BénoitXII, quoique très-ulcéré écrivit cependant à Louis une lettre fort modérée,& dans laquelle il l’exhortoit à renouer la négociation ; mais fa lettre ne fitpas plus d’impreffion que les instances des Ducs Albert d’Autriche & Henride Bavière, qui ne cessoient de presser le chef de l’Empire de fe raccomo-der, à quelque prix que ce fût avec le S. Siégé (2).

Nous avons dit plus haut que soutenu par les Rois de France, de Polo-gne, de Bohême, de Hongrie & de Naples, Henri, Duc de Bavière ayantpris les armes contre l’Empereur, celui-ci l’avoit contraint à demander la

paix,

, CO Raynald ad ann. 1335. No. 7. fc? ad ann. IZZ6. No. 17-18. (2) Albert Argen-

tin. Spener Raynald ad ami. J337.