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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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Sect.VIIÎ.Htfl. d’AI-leinagne ,1314. 1400.

Divisionsentre lesSirasbour.geois.

BertTioldEvêque deStrasbourgtravaille àla réconci-liation deLouis Vavec lePape,

130 HISTOIRE DE L’E M P I R E

villes d’Allemagne, de remettre fa propre couronne en gage entre les mainsde T Archevêque de Treves.

Edouard avoit fait aussi, mais inutilement, quelques tentatives auprès desvilles d’Alsace, pour tn obtenir, h titre d’emprunt, quelques secours pécu-niaires : mais les villes de cette province étoienc alors violemment agitées parla discorde & la haine mutuelle de deux factions, celle de l’Evêque Berthold,& celle du Chapitre de Strasbourg. Cette querelle avoit été suscitée par unmandement de Berthold, qui, scandalisé de Irrégularité des mœurs de sonclergé, avoit renouvellé les anciennes ordonnances qui enjoignoient aux titu-laires des bénéfices destinés pour des prêtres, de s’engager dans les ordres sa-crés , & de vivre d’une maniéré décente & analogue à leur état. Irrité con-tre ce mandement, quelque juste qu’il fut, le clergé de Strasbourg en avoitappellé au Pape. Le Chapitre presqu’aussi mécontent que le clergé, ayantperdu Gerhard son Prévôt, se divisa sur le choix de celui qui devoit remplircette place; le plus grand nombre y nomma Jean de Lichtemberg, & lesautres donnerent leurs voix 'a Allric de Sugnowe, neveu de l’Evêque. Cha-cun des deux élus se fit des partisans; les Seigneurs de Kirkel, de Kagneck& de Hohenstein se déclarèrent pour Jean leur parent, soutenu & approuvépar l'Archevêque de Mayence. Berthold soutint le parti de son neveu;niais il fut mal secondé par les Strasbourgeois, & il fut enlevé par lesparens de Jean qui l’emmenerent prisonnier dans le fort de Kirkel. Bé-noit XII irrité de cette entreprise donna fort inutilement des ordres pourqu’on rendît la liberté à l’Evêque. Albert le Contrefait marcha tout aussivainement à la défense du Prélat, tout ce qu’il put faire pour lui fut denégocier & de conclure un traité fort désavantageux, & par lequel on con-sentit à rendre la liberté à l’Evêque, à condition, qu’il ne fairoit rien dansle gouvernement spirituel & temporel de son diocèse, fans le consentementdu Prévôt du chapitre de Strasbourg (1).

Berthold accoutumé h vaincre, à imposer des loix à ses ennemis abattus,fut d’autant plus humilié des conditions onéreuses & flétrislàntes qu’on lui avoirprescrites, qu’il ne se croyoit point en état de s’y soustraire; dans la vùe dese faire un puifiànt protecteur, il alla trouver Louis V h Colmar, & lui por-ta ses plaintes; mais l’Empereur, soit qu’il ne se sentit pas lui-même assezfort pour réprimer les ennemis de l’Evêque, soit qu’il ne crut pas devoir lessoulever contre lui, ou qu’il crut que cette occasion lui fourniroit un moyende se réconcilier avec Bénoit XII, Protecteur de Berthold, parut vivementpénétré de la situation du Prélat, lui dit qu’il ne desiroit rien tant que de lerétablir dans fes droits, mais qu’il ne croyoit pas encore lui-même avoir assezd’autorité pour former une telle entreprise & pacifier les troubles de l’Alsace.Dès cet instant Berthold, par intérêt pour lui-même, résolut de travail-ler de toute sa puisiànce à la réconciliation de Louis V avec le Pape, &il fut bien secondé par l’Empereur, qui affecta le plus vif empressement àrenouer avec le Souverain Pontife. Wirnebourg, Archevêque de Mayence &confident de Louis assembla à Spire un concile de fes fufîragans ainsi que dela plupart des Evêques & Prélats d’Allemagne.. Ceux-ci aux instigations de

(1) tìistor. Jlfat, L. sa.