D’ALLEMAGNE. Liv. XXV>. Sect. VHI. 109
paix, & même à jurer de lui rester fideile: mais comme cette soumission ìasi.drW-avoit été forcée, le Duc humilié ne chercha qu’une occasion de secouer le iemagne,joug: il crut l’avoir trouvée dans la persévérance de Louis à rester dans leschisme, & se hâtant d’envoyer des dépurés au Pape, il le pria de lui par- "donner l’obéiílànce qu’il avoit forcément jurée à Louis V. Enchanté de cet-te démarche, le Souverain Pontife ne balança point à absoudre Henri, & àlui imposer pour toute pénitence de ne participer en aucun maniéré avecLouis V, de ne plus lui donner le titre d’Empereur, & de ne reconnoîtrepour tel, que celui qui seroit préalablement approuvé par le 8. Siégé (2).
Benoit XII écrivit dans les mêmes termes à la plupart des Souverains de la Ligue àeChrétienté, ainsi qu’aux Princes de l’Empire, leur défendant de communi-quer avec Louis, jusqu’à ce qu’il se fut réuni à l’Eglise. II paroit que l’Eni-pereur s’embarraísa fort peu de ces défenses: car ce fut précisément alors qu’il re cmtr/uprit des mesures avec Edouard pour commencer les hostilités contre le Roi France,de France : &, soit qu’il voulut garder encore quelques ménagemens avec la Courd’Avignon, soit que son intention fut de braver le Pape, il lui écrivit unelettre dans laquelle il exposoit les diverses raisons qu’il prétendoit avoir dedéclarer la guerre à Philippe de Valois, priant même Bénoit XII de l’aiderde ses conseils & de ses forces. Cette démarche en effet très - singulière,étonna le Souverain Pontife; il n’eut garde de répondre à l’Empereur: maisil se hâta d’avertir Philippe de Valois de forage qui se fornioit contre la Fran-ce ; il lui écrivit même que les Princes d’Allemagne avoient signé un traitépar lequel Louis V, renonçant h ses droits h l’Empire & ne voulant plusconserver que le Royaume d’Allemagne, devoir pour une grosiè somme,céder le sceptre de Roi des Romains à Edouard, qui par ce moyen, unifiantà l’Empire les couronnes d’Angleterre & de Germanie, deviendroit le Mo-narque le plus puissant & le plus formidable de l’Europe. II falloir être aussi Crawles *timide que l’étoit Bénoit XII pour ajouter quelque foi à ce bruit populaire, FènokXU.vraisemblablément fondé fur la qualité de Vicaire de l’Empire dans les Pays- I337 'Bas, que Louis V avoit donné au Roi d’Angleterre. C’étoit connoître bienpeu l’ame grande & généreuse de ce Monarque, que de le soupçonner capa-ble de sacrifier sa couronne à des vûes d’intérêt. Quoiqu’il en soit, le Papeexhortoit vivement Philippe de Valois à faire la paix avec Edouard; seul mo-yen, lui disoit-ii, de prévenir les dangers qui vous menacent. Ce conseilétoit très-íàge, & la fuite prouva qu’en ne le suivant point, le Roi de Fran-ce fit une faute irréparable (3).
Cependant le Roi d’Angleterre assuré du chef de l’Empire & des pluspuissans d’entre les Princes d’Allemagne, avoit déjà fait reconnoître dans lesPays-Bas où il s’étoit rendu, fa qualité de Vicaire de l’Empire. A Cologneoù il eut une entrevue avec Louis V, il érigea le Comté de Gueldres en Du-ché, répandit tant de grâces, tant de bienfaits, qu’il ramena l’Archevêquede Cologne à Louis V, fit entrer dans la confédération le Duc de Brabant,
& fit pour la cause commune des dépenses si excessives, qu’il fut contraint,après avoir fait des emprunts très-considérables chez les Princes & plusieurs
(0 Alb. Arg. Raynald Spener. Ilift. Germ. Univ. ai ami. 1337.
*7i n- 1378. No. r-2. Albert Argentin. P. 127.
Tome XL. R
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