D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIII. 135
méttoient hors d’état d’envoyer des secours en Italie, où la puiíìànce impé-riale étoic tout-à-fait méconnue, & où Fautorité du Pape s’assermiflbit dejour en jour. La plûpart de ces peurs Tyrans qui, usurpant en Lombardieles droits de la souveraineté, aíIèrviíTòient les villes & opprimoient le peu-ple; ambitieux de conserver leur pouvoir illégitime, s’étoient soumis à Bé-noit XII, qu’ils avoient reconnu pour maître, & qui, pour un tribut an-nuel , leur avoit accordé le titre de Vicaires de FEmpire.
Peu content de ses succès en Italie le souverain Pontife ne pouvoit êtresatisfait que par la ruine totale du chef de FEmpire, & pour la hâter autantqu’il feroit en lui, il écrivit à Edouard, le preíîà de se détacher de Fallian-ce de l’Empereur, & offrit même de le réconcilier avec Philippe de Valois.Edouard étoit alors d’autant plus éloigné de suivre ce conseil, que le Comtede Hainaut qui s’étoit séparé de la confédération des Princes Allemands,pour passer au service du Roi de France, venoit de rentrer dans la ligue.Aussi, bien loin de songer à la paix, Edouard nes’occupa que des moyensde se dédommager de la perte de Trin - FEvêque, récemment pris d’aflautpar le Duc de Normandie. A la nouvelle de la perte de cette place, le Roid’Angleterre, qui étoit passé dans ses Etats, raílembla toutes ses forces, &suivi de cinquante vaiflèaux, s’embarqua fur la Thamise, & fit voile, dansFintention d’aborder k FEcluse: mais Philippe de Valois informé de la routeque les Anglois dévoient tenir envoya une nombreuse flotte à la hauteur deFEcluse, avec ordre de s’opposer à la descente des ennemis: bientôt ceux-ci parurent; les deux flottes se joignirent, le combat fut sanglant & le car-nage affreux: cependant la victoire balançoit incertaine encore, lorsqu’unenouvelle flotte de Flamands & de Saxons parut & s’uniflànt aux Anglois fitremporter à ceux-ci le succès le plus complet (1)-
Edouard vainqueur de Philippe ne fut pas plutôt arrivé h FEcluse, queraflèmblant une armée de cent cinquante mille hommes, il alla mettre lesiégé devant Tournai: mais il y échoua, &, malgré cette multitude d’assié-geans, le Duc de Bourgogne qui commandoit dans cette place, opposa laplus vigoureuse résistance, & donna le terns à Philippe de Valois d’accou-rir, à la tête de soixante mille hommes: Philippe accompagné des Rois deNavarre & de Bohême qui combattoient pour lui tenta de forcer les Angloisdans leur camp ; Edouard au bruit de la marche des ennemis, sortit de seslignes, résolu d’en venir à une action décisive, & déjà il commençoit a ran-ger ses troupes en bataille, lorsqu’il vit arriver Jeanne de Valois, Douairièrede Hainaut, fa belle - more & sœur de Philippe, qui malgré les conseilsd’Artavelle, parvint à faire consentir les deux Monarques à une trêve de dixmois, dont à force de foins, Benoit obtint là continuation pour deux ans (a)..
Pendant que cette trêve se concluoit à Tournai, & qu'Edouard congé-dioit les Princes d’Allemagne, Louis V, dans une diete , demandoit auxSeigneurs de FEmpire des secours pour aller réduire les villes d’Italie quis’étoient soustraites à la domination impériale : mais cette proposition fut re-çue si froidement par les uns & combattue si vivement par les autres, que
Hijl. d’Af-
lemagne,
1314-1400.
Vtiïoire desAnglois furles Françoisà l'Eclusetrêve en-tre la Fran-ce U l'An-gleterre.
(1) Froìssard. Tom. I. Hijl. Philippe de Valois Liv. 2. Chrome, de Flandre. (2) Da»niel & d'Orleans Hift . de Fr. Annal, de Flandre, Froissard Tom. 1.