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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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Sect.VUÍ.Iiist. d’Al-lemagne,1314-1400.

Marnesque LouisV donne ausape.

Louis V Jedétache d'E-riouardJe ligueavec Phi -lippe de Va-lois.

Il est jouifar son nou-vel allié.

136 HISTOIRE DE L’E M P I R E

l'Empereur fut contraint de remettre cette expédition à d’autres ténia: ce-pendant comme il ne cachoit pas le deflèin où il étoit, d’envoyer, auípcôtque les circonstances le pertnettroient, une armée en Italie, & d’y paíJèr lui-même , aíìn d’y rétablir fa puissance; ce projet allarma si fort le Pape,qu’il écrivit au Patriarche d’Aquilée de fe liguer avec le Comte de Tirol,les Florentins & quelques autres peuples, afin de s’oppofer au paíîàge desimpériaux, mais Louis V n’étoit alors rien moins que disposé à passer lesAlpes, & tandis que par ces bruits d’invafion & de conquête il inspirait descraintes à Bénoit XII, il ne cessoit de donner à la cour d’Avignon des espé-rances au sujet de fa réconciliation. Le souverain Pontife qui affectoit dedésirer avec la même ardeur ce racommodement, écrivit à Louis V, quel’Eglise étoit toujours prête à le recevoir dans son sein, mais qu’il croyoitses démarches d’autant moins sincères, qu’il paroissoit ne chercher qu’à trom-per l’Eglise, & se jouer de la bonne soi de son chef; qu’il étoit tems néan-moins que l’on fçut de part & d’autre h quoi s’en tenir, & que s’il n’étoitpas réconcilié avant la Pentecôte suivante, le S. Siégé serait forcément obli-gé d’user de la plus grande sévérité (i).

Ces remontrances ne firent aucune impression fur l’Empereur, qui, très-peu disposé à fe soumettre à la pénitence qu’il prévoyois que l’on exigeraitde lui, remit à d’autres tems la conclusion de cette affaire. Cependant Phi-lippe de Valois profitant de la trêve, mettoit avec succès tous ses foins àaffoiblir Edouard, & il parvint à détacher des intérêts de l’Angleterre lesalliés fur lesquels elle comptoir le plus: tel fut entre autres l’Empereur,qui, aux sollicitations de son épouse, nièce de Philippe, abandonna la cau-se d’Edouard, lui ôta le Vicariat de l’Empire, &, sous prétexte qu’il avoitconclu la trêve fans le consulter, il se ligua avec le Roi de France qui mitaussi dans ses intérêts plusieurs Princes de l’Empire (2). L’une des princi-pales conditions du traité entre Louis & Philippe étoit que le Roi de Francehâterait de toute fa puissance la réconciliation de l’Empereur avec le S. Sié-gé; & en effet, par les mêmes Ambaíïàdeurs qui allerent notifier ce traité àBénoit XII, Philippe le faisoit solliciter de conclure cet accommodement:mais il s’en falloit bien que le Roi de France fut aussi bien intendoné pourLouis qu’il affectoit de le paraître : on prétend même qu’il avoit envoyé diresecrètement au Pape qu’il fe gardât de conclure cette réconciliation : ensorteque Bénoit résidant h Avignon, & dans la dépendance de Philippe, n’ofoitplus répondre qu’en termes vagues aux Ambassadeurs de Louis, qui ne car-da pas ît s’appercevoir qu’il étoit également joué par le Pape, & par le Roide France: mais comme au fond il ne prenoit lui-même qu’un très - Foibleintérêt à cet accommodement, il ne se plaignit point (3).

A peu près vers le tems que les Rois de France & d Angleterre suspen-doient, au moyen de la trêve, le cours de leurs hostilités, Jean, Roi de Bo-hême éprouvoit la plus irréparable des pertes, celle de la vue ; il alla vai-nement

(1) Albert Argentin: Raynald ai ann. 1340* N®. 67—69. (2) Daniel Hist. de Fr,

Tom. 3. Epist. Edouard, apud fValsmgani. (3) Maiinbourg Hist. de la décad. de i'Emp,L. 6. Albert Argentin: Chronic. P. 128.