D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIÏÏ. 145
peu que les hostilités: il cassa d’abord tous les réglemens, toutes les ordon- HiJl.à'M.nances que Louis avoit faites contre les droits de l'Eglise & du S. Siégé; en- Icnwgne,fuite il renouvella par serment les promesses qu’il avoit faites lui même à *314-140°.Clément VI, enfin, il s’avilit, autant qu’il fut en lui, par de nouveaux ac- ~tes de soumission, qui n'aboutirent qu’à le faire mépriser encore d’avantage, Châties s'a-quoiqu’ils lui valussent de magnifiques remerciemens de la part de la courd’Avignon (1). mute pm
Aussi indifférent aux vaines procédures de son foible rival, qu’aux bulles ie Fty**du Souverain Pontife, Louis V fe ligua, pour inquiéter Clément VI, avecGabrini Rienzi, qui par l’excès de son audace s’étoit rendu maître de Rome,d’une partie de l’Italie, & faifoít trembler le Pape à Avignon. Fils d’uneLavandière, Rienzi avoit si bien profité de l’éducation que ses parens lui p ro - (t dgavoient fait donner ; il avoit exercé à Rome la charge de Notaire avec tant révolutiond’intégrité ; il s’étoit enfin rendu si recommandable par fa sagesse, son élo- concerté en.quence & la hardiesse de ses conseils, qu’il étoit parvenu à se faire élire Tri trc Louisbun du Peuple, & s’attribuant toute l’autorité des Tribuns de l’ancienne Ro- Kme, il s’étoit mis en poísession du capitole, avoit humilié les nobles, s’étoit 1347,saisi de toute l’autorité, & avoit soumis à ses loix une partie de l’Italie.
Louis avoit concerté avec lui une entreprise fur le Royaume de Naples;mais malheureusement pour le nouveau Tribun, enivré de sa puiílànce, ilfit tant de folies, devint si cruel, si sanguinaire, que ces mêmes Romainsdont il avoit été l’idole, sc soulevèrent contre lui, l’obligerent de s’enfuirprécipitamment & de s’aller réfugier dans la Pouille auprès de Louis, Roide Hongrie, alors maître de Naples (2).
En Allemagne le pouvoir de Charles, n’étoit guere mieux affermi que ce- Expéditionlui de Rienzi en Italie; il est vrai qu’il sc disoit toujours Roi des Romains;mais il n’avoit que ce vain titre, & ne jouissoit d’aucune sorte d’autorité, f es enÁZ’tandis que son heureux rival, chéri autant qu’il étoit respecté, tedoit paisi- vitre.idement sa cour à Munich. Jaloux du bonheur mérité dont son ennemijouissoit, Charles, pour le troubler, imagina de faire une irruption en Baviè-re; elle ne lui réussit pas; ses troupes furent massacrées, & couvert de con-fusion, il fut comraint.de s’ensoir (3). Couronné par la victoire, Louis Vrecevoit à Munich les preuves les plus flatteuses de l’amour de ses Peuples,lorsque Jeanne, D ucheíse d’Autriche, épouse d’Albert le Contrefait , revenantde la haute Allemagne, & paíìànt par la Bavière, pour se rendre à Vienne,s’arrêta a Munich, où Louis V la reçut avec distinction & lui donna un somp-tueux festin. Jeanne, dit-on, sur la fin du repas pria Louis d’accepter unscoupe d’or, qu’elle lui présenta, il la reçut & but dedans: Jeanne partît,
& quelques momens aptes, il se sentit une palpitation de cœur très-véhémen-te: craignant d’être empoisonné, il eut recours aux antidotes dont en pareil-les circonstances il s’étoit utilement servi plus d’une fois: mais iis n’opérerencpoint avec le même succès, & les médecins lui conseillèrent de prendre quel-que exercice bien fatiguant: il choisit la chaise, & poursuivit àî’entrée d’u-ne forêt, un ours d’une grandeur prodigieuse, lorsqu’au moment d’atceindre
(1) Raynald n d am et mi. Albert. Argentin. Spener T. i. T., i. c. 6. (2) Viiiani
L. 12. c. 89. Raynald ai ann. 1347. N° 17-18-19. (3) Akìzreitter Par*. 2. L. 4 -
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