r 4 <5 HISTOIRE DE L’E m p I r e
Sect VIII. cette ì'êce féroce, il tomba tout-à-coup de cheval & resta étendu â terrejjist, ^ai- sans mouvement, comme s’il eut été frappé d’apoplexie. Tous les secourslemagne , qu’on lui donna furent inutiles; à force d’être secoué, il revint un moment à1314.1400. ìoi, leva les yeux au Ciel, fit une cour"? & fervente priere, donna tous lesMort de signes d’un rêpentir sincère, d’une résignation parfaite, & expira dans la 63 eLouis y. année de son âge & la 33 e de son régné, le 11 d’Octobre 1347 (1).aied’OSfû- Jeanne fut violemment soupçonnée d’avoir empoisonné Louis V, & ce-lK ' lá, disoit - on, pour fe venger de ce que trente trois ans auparavant, il avoir
Iî ^ 7 ‘ emporté l’Empire fur Frideric, frère d’Albert le Contrefait. Mais ce bruit
qui n’étoit fondé que furies plus vagues conjectures ne s’accrédita point, &les meilleurs écrivains de ce tems ne doutent point que cette mort soudainen’ait été occasionnée par une apoplexie. Quoiqu’il en soit, Louis V méri.ales regrets & les larmes de ses peuples ; il fut amèrement regretté de la plu-part des Souverains de l’Europe, &, à l’exception de Clément VI, il n’y eneut aucun qui ne donnât après la mort de cet illustre Souverain des éloges àses vertus & à ses grandes qualités. Nul Empereur n’avoit régné plus glo-rieusement. En vain la même Puiflànce qui jadis avoit voulu terrasser Fri-taux- deric II, s’efforça de l’abattre: Louis soutint ses droits avec la plus mâle vi-UTt ‘ gueur, il vengea l’Empire, &, au milieu des foudres incapables de l’intimi-der, parcequ’elles étoient injustement lancées, il resta ferme fur son trône.Trois Papes lui firent, fans raison légitime, une guerre sanglante, & cetacharnement à le persécuter ne servit qu’à faire éclater ses talens supérieurs,son courage, sa valeur héroïque, sa justice même & son amour pour lapaix, ce fut sous lui que le gouvernement d’Allemagne prit une forme plusrégulière. Ce futaulïï fous lui qu’il fut invariablement statué que les Electeursseuls éliroient désormais les Empereurs, à l’exclusion des autres Etats: enfin*ce fut sous lui, que les villes obtinrent un suffrage décisif dans les dietes.
Louis V avoit été marié deux fois; de Béatrix, fille de Henri III, Duc deGlogau, il eut Louis, Marquis de Brandebourg, & Etienne qui resta con-S»f ositriti. trefait & noué pendant toute fa vie. De Marguerite fille de Guillaume IIIComte de Hollande, il eut Guillaume, Albert, Louis & Otton; il eut auffiquelques filles dont les historiens n’ont parlé que fort obscurément (-r). Maisde tous les fils de Louis, Etienne le Contrefait ou le bouclé, fut le seulqui continua la postérité de Fillustre Maison de Bavière; tous ses itères mou-rurent fans enfàns. Ainsi les deux Maisons les plus augustes de f Allemagne,celle d’Autriche & celle de Bavière, se scroient éteintes dès l’auroie de leursplendeur, si deux Princes également contrefaits & ceux précisément sut les-quels on comptoir le moins, ne les euflènt perpétuées.
La mort de Louis V n’aplanit point les obstacles que Charles de Luxem-bourg avoit éprouvés jufqu’alors. Bien loin de consentir à le reconnoîtreRoi des Romains, le peuple ne lui témoigna que de la haine, & la plûpartdes grands, les Electeurs fur-tout ne lui marquèrent que le plus souverain
(1) Rebderff. Triíhem. Citron. Albert Argentin, Pag. 141. (2) On compte parmi
ses filles du premier mariage, Mathilde, mariée à Frideric ieSévere, Margravede Mis-nie; Agnès, Religieuse Carmélite, & Anne, Mariée à Louis de l’Esoale Comte de Vé-rone r de son second mariage on nomme Marguerite, mariée á Gerlac, Comte de.Horhenlohe, & Elisabeth, qui'eut eu pretnieres noces Jean I, Duc de Basse Bavière dtensuite.U.lric XI, Comte de Wurtemberg.