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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’ALLEMA’GNE. Liv. XXV. Sect. VIII. r$r

les portes de Francfort furent ouvertes à Gunther, & les habitons lui prê-terent le ferment de fidélité. Charles de Luxembourg prit alors, mais trop lemapie,tard la résolution de soutenir ses droits, & rassemblant toutes les forces de >3141400.

ses partisans, il alla camper près de Mayence, après avoir fait annoncer le ---

dessein où il prétendoit être de faire une guerre mortelle à son rival: maiscelui - ci le redoutoit si peu, qu’il alla suivi de la principale noblesse qui luiétoit attachée, célébrer un tournoi près du camp de Charles IV, qui troptimide pour interrompre cette fête, fe tint constamment dans íà tente, &n’ofa provoquer un ennemi dont il connoissoit la valeur (1).

Gunther, afin que son foible rival & la cour d’Avignon ne pussent point Valeureusedouter de l’intention où il étoit de marcher fur les traces de Louis de Bavie- fermeté dere, publia à Francfort un édit renouvelant la loi portée par son prédécesseur, Gunther.suivant laquelle tout Prince, élu Roi des Romains par la plus grande partiedes Electeurs, avoir de droit & fans attendre la confirmation du Pape, la plei-ne administration de l’Empire. D’après cette loi Gunther déclara nuls tousactes contraires faits ou h faire, & fur-tout les décrets des Papes, commeévidemment opposés à la doctrine chrétienne, suivant laquelle, difoit-il,cejl le Pape qui refle soumis à VEmpire , tandis qu'à l'égard du temporel ,le chef de l'Empire ne connoit fur la terre aucun supérieur (2).

Par cet acte de souveraineté, il étoit facile de juger que Gunther sou-«endroit avec autant de fermeté, que Louis V l’ìndépendance du sceptreimpérial , dont il eut très-vraisemblablement fait respecter la majesté par lacour de Rome même, si Charles de Luxembourg, trop lâche pour lui dispu-ter son rang par la force des armes, & trop ambitieux pour consentir à luicéder la couronne de l’Empire, n’eut employé l’atrocité, la perfidie & le poi-son, pour perdre le rival qu’il n’ofoit combattre, du moins en fut il géné-ralement soupçonné. II commença par fe réconcilier avec Louis, Marquis deBrandebourg, auquel il promit de céder la Carinthie & le Tyrol; il attiraaussi dans son parti Rodolphe, Comte Palatin, dont il promit d’époufer lafille unique ; ces deux réconciliations fe firent st fecrettement que Gunthermême n’en eut aucune connoistânce : les soins perpétuels qu’il fe donnoit al-térèrent fa santé; & pour la rétablir il fit venir auprès de lui à Francfort leMédecin des Comtes de Nasiàu, homme habile & qui jouiflòit de la plusgrande réputation. Ce Médecin promit de guérir l’Empereur au moyend’un breuvage qu’il composa lui- même & dont il vanta l’efficacité avec tantde chaleur, que Gunther concevant des soupçons, ordonna à l’apologiste dece breuvage d’en faire lui même fessai : le médecin ne balança point à goûter JÍtttet ím> .de cette médecine, & il parut si peu déconcerté, que l’Empereur ne fit nulle poijonne-difficulté d’avaler le reste, mais peu de momens après le médecin pâlit, tom- étba par terre, fut violemment agité & mourut trois jours après.. A force de s

remedes Gunther échappa, du moins pour quelques jours, à l'activité du de Luxem-poison, mais il resta perclus de toutes les parties de son corps, & incapable bourg estde toute sorte d’ápplìcation (z). Charles IV gagnoit trop à la mort de Gun-

(1) Cuspin. Albert. Argent. Spener. Hst. C,em. Univ. T; 2. L. 2. cap. 2. (2) Go-

dasl. Conflit. Tom, 3. Pag. 414. (3) Id. ibid. Spener. Albert. Argent. Cvtfpin. in-vit,-

Carvl. Cafar.