Sect.VIII.JUJl. d’Al-lemagne,1314-1400.
yiSoire deMargueri-te, & trived'un an.
150 HISTOIRE DE L'E M P I R E'
Roi de Bohême, écoic campé à quelque distance de la ville menacée. Mar-guerite ne s’étoit pas trompée ; suivi de son armée, Guillaume vint assiégerEnchuse & y éprouva une réGstance b laquelle il ne s’étoit point attendu.L’intrépide Marguerite à la tête d’un petit corps de cavalerie sortit de la pla-alh piller, ravager & brûler les tentes & les équipages des assiégeai»,
ce
Suris deC'iarles &services quele Pape luirend.
& de là courant joindre Bréderode, elle revint attaquer le camp de Guillau-me , le battit, le força d’abandonner le siégé d’Enchufe, de s’enfuir préci-pitamment, & de lui demander une trêve, qu’elle voulut bien lui accorderpour un an (t).
Pendant que l'illustre veuve de l’Empereur Louis V fe fignaloit en Hol-lande par fa valeur & ses triomphes ; impatient de hâter la réconciliation desanciens partisans de Louis V avec l’Eglise & de les ramener à Charles IV,le souverain Pontife envoya à l’Archevêque de Treves & à l’Evêque de Bam-berg deux modelés du serment qu’il éxigeoit de tous ceux qui voudraientêtre absous : mais ce serment étoit conçu en termes si durs ; la mémoire deLouis V y étoit si fort outragée, & la puifiànce pontificale y étoit si prodi-gieusement élevée au dessins de la puissance impériale, que la plupart des vil-les ne voulurent point s’y soumettre; le Bourguemestre même & les Con-suls de Bâle déclarèrent hautement à Charles & aux Evêques, qu’ils ne con-sentiraient jamais à dire ni à croire que l’Empereur Louis V eut vécu oufut mort hérétique; qu’ils tenoient pour Roi des Romains ou pour Empe-reur celui-là seulement que les Electeurs ou la plus grande partie des Elec-teurs avaient nommé, quand même il ne demanderait jamais au Pape fa con-firmation (2). Une déclaration aussi ferme, aussi généreuse, dut humilierCharles, qui néanmoins, ayant le plus grand intérêt à fe faire des partisans,engagea les Evêques à absoudre, fans éxiger aucune forte de serment, lesbraves citoyens de Bâle de toutes les censures qu’ils pouvoient avoir encou-rues: de leur côté les citoyens de Bâle ne balancèrent point à le reconnaîtrepour Roi des Romains.
(bmtlter ilu ^a réconciliation avec les citoyens de Bâle ne dédommagea que bien foible-Empereur. ment Charles de Luxembourg de l’accablante nouvelle qu’il reçut, au sujet1349/ du rival formidable que les quatre Electeurs ses ennemis venaient de lui donnée.Ce dangereux rival étoit Gunther, ou Gauthier, Comte de Schvvartzbourg enThuringe, grand guerrier, excellent Général, homme prudent d’ailleurs, &que les quatre Electeurs asièmblés à Francfort élurent le jour de la Purifi-cation en 1349; mais les habitans de Francfort, quoique très-peu attachés àCharles IV, refusèrent d’ouvrir leurs portes au nouveau Roi des Romains,afin de fe conformer à l’usage, suivant lequel ils ont le droit de se laiílèrassiéger pendant six semaines par un Empereur qui n’a été élu que par unepartie des Electeurs, lorsqu’il est en concurrence avec un autre Empereurélu; suivant le même usage si les deux compétiteurs ne s’accordent pointavant l’expiration du terme de six semaines, les citoyens de Francfort reçoi-vent celui des deux qui les assiégé, & ils le reconnoiílènt légitime Roi desRomains. Ainsi Charles IV n’ayant pas même tenté de faire lever ce siégé,
(1) Chronic. Holland. Zilemd. &c. Hi(l. du Hainaut. L. 11.1348. N’. 15. Alb. Argentin. Fag. 143.
(2) Raynald ai ann .