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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Lrv. XXV. Sect. VIII. 155

stipuler que tous les billets par lesquels ils reconnoissoienr devoir aux Juifsdes sommes plus ou moins considérables, leur seroient rendus. Cette ligueétoit un mépris formel des ordres de l’Empereur & de la protection qu’ilavoic accordée aux Juifs; tout autre que lui en eût été vivement ulcéré;mais Charles, qui peut-être lui - même n’avoit protégé les opprimés que parles mêmes motifs qui engageoient les confédérés h les fouler, fe montra peusensible à cet acte de désobéissance ; il envoya dire même aux Magistrats deStrasbourg qu’il pardonnoit aux Strasbourgeois, & qu’il n’obligeroit ni laville à rappeller les Juifs, ni les particuliers, quels qu’ils fussent, à leurrestituer leurs billets (1).

II est vrai que le chef de l’Empire, occupé alors d’une affaire pour luifort importante, étoit très - intéressé à ne pas aigrir les esprits. Ees dépensesexcessives que lui avoir causées son élection & les sommes exorbitantes qu’ilavoit promises h ceux qui l’ayant élu, le pressioient de remplir fes engage-mens, rendoient fa situation damant plus inquiétante, que fes coffres étoientépuisés , & que fes revenus de Bohême étoient infuffifans. Obligé néam-moins de fe dégager, & les ressources lui manquant, il créa de npuveauximpôts; &, afin que fes sujets de Bohême y fusiènt également assujettis, ilanéantit les privilèges & les exemptions dont plusieurs villes de ce Royaumeavoient constamment joui. Ce moyen ne lui réussit pas alitant qu’il s’y étoitattendu; les Bohémiens fe soumirent aux impôts, mais exigerent que le pro-duit n’en fût pas employé hors du Royaume. Charles, toujours fertile enexpédions, imagina un moyen de fe procurer des fonds, il créa de nouveauxpéages, fur le Rhin, ainsi que dans plusieurs villes de l’Empire, & en aban-donna le produit aux Princes & Seigneurs qui le preísoient d’acquitter fespromesses. Mais ce moyen fut insuffisant encore, & les Magistrats de Stras-bourg refusant de fe soumettre à ce subside qui troubloit le commerce, firentfermer la navigation par des pieux & des chaînes de fer; en sorte qu’il ne futplus possible, pendant près de deux ans que dura cet impôt, de navigerfur le Rhin.

II restoit encore une ressource h Charles ; il est vrai qu’elle étoit honteuse,mais il ne fit nulle difficulté de s’en servir, Lt pour fe délivrer des demandesdes Princes qui ne cessoient de solliciter le payement de ce qui leur avoit étépromis, il engagea à plusieurs villes & à quelques seigneurs les domaines del’Empire, permit à quelques autres de retirer ceux qui étoient engagés, &par cette ruineuse opération, il parvint à rassembler d’immenfes trésors. Cefut alors que Charles IV commença, pour le malheur & l’irréparable ruinede l’Empire, le cours de fes déprédations (2).

De tous ceux qui avoient secondé l’imposteur qui avoit voulu fe faire pas-ser pour Waldemar, Marquis de Brandebourg, & dépouiller Louis le Romain,frere de Waldemar de ce Marquisat, le Duc de Mecklinbourg étoit celui quiavoit le plus hautement protégé ce fourbe. Le Roi de Dannemarck, beau-frere de Louis le Romain s’étoit voué pour la défense de son beau-frere, &suivi d’une flotte considérable, il avoit fait une descente sur les terres du Duc

(i) Hertzog. Chrtmic. Albert Argentin. Chmu Lunig. Atchiv. Imper. T. 7. p. 18.

(a). Annal, iiirsaug. T. 2. Knipsah. de civit. T. 3. c. 21. N°. 23.

V a

m/l. d’AI-lemiagne,13 H-Hco.

Injuste soi-ble:(se deCharles IP'.

II crie denouveauximjpéts Uruiì.ne l'Em-pire.

Guerre en-tre le Roide Danne-marck &leDuc deMecklht-fourg NFaix.