D’ALLEMAGNE. Lrv. XXV. Sec t. VIII. 15;
chaînes à Avignon, où il resta en prison jufqu’après le Pontificat de Clé-ment VI. lemagne,
La mort qui avoir moifionné Tannée précédente Bonne de Luxembourg, *314-1400 *sœur de l’Empereur & femme de Jean, Duc de Normandie, fils aîné de Sgins imu .Philippe de Valois, frappa aussi Philippe de Valois lui-même, qui crans- itsde Char.mit fa couronne au Duc de Normandie Jean II, fore chéri des François, les ivpour& qui par ses talens militaires s’étoit fait un grand nom : son régné ne futcependant qu’une fuite de troubles & d’orages ; Jean fut encore plus malheu- /■ Angle.reux que Philippe son pere, & il eíïùya les plus accablantes disgrâces, quel- terre.ques foins que fe donnât Charles IV pour tâcher de pacifier les différends in-terminables qui divifoient la France & TAngleterre. II n’y avoir guere alorsen Europe que l’AUemagne qui jouit des douceurs de la paix, & Charlesemployoit ce tems de calme h tenir des dietes, où il portoit des loix pour latranquillité publique. II est vrai que ce n’étoit qu’en Allemagne feulementqu’il régnoit, & que Tautorité Impériale n’étoit plus reconnue en Italie oùtout étoit dans la plus grande confusion, & où les villes de TEglife & del’Empire étoient en proie aux brigandages & aux vexations d’une multitudede petits tyrans qui soudoient leur domination usurpée fur les ruines de lapuifïànce Pontificale & des droits du chef de TEmpire.
De cette foule de tyrans, Jean Vifconti, Archevêque de Milan étoit le Troublesplus ambitieux & le plus formidable. Peu content de régner fur les villes d'italîe.qu’il avoit soumises h son autorité, il entreprit de s’emparer aussi de Boulo- 1350-igsj.gne qui appartenoit h l’Egliíè; Clément VI le conjura en vain de respecterles possessions du S. Siégé; Vifconti ne refpectoit rien, il s’empara de Boulo-gne , fe rendit maître d’une partie de la Lombardie: en sorte que le Pape ,hors d’état de résister par la force ù un tel aggrefieur, crut devoir employercontre lui des armes qu’il fupposoit plus redoutables aux yeux d’un Archevê-que, & il prononça contre Jean & contre fes neveux, Bernabé, Galeas &
Mathieu une sentence d’excommunication (1). Bien loin de déconcerter TAr-chevêque de Milan, ce coup de foudre ne le rendit que plus furieux, &pour fe venger, il résolut d’étendre fes conquêtes. Mais comme en fa qua-lité de Prélat, il devoit donner quelque apparence de justice à fes usurpa-tions il prétendit justifier la violence de fes hostilités par la nécessité où il sofupposoit de défendre k liberté publique menacée par les Florentins, quien effet venoient de fe liguer avec les Pifans : il tâcha même de corrompreceux-ci & de les détacher du parti qu’iis venoient d’embraíler; mais il neréussit pas & les Pifans indignés renvoyèrent honteusement fes ambassitdeurs rce qui leur valut les plus grands éloges de la part de la cour d’Avignon. Im-patient de fe venger des Pifans & du Pape, Jean Vifconti forma de grandsprojets, tenta même des intrigues & échoua ; la plupart des villes de Tosca-ne fe liguèrent contre lui & envoyerent des députés à Avignon, afin de sa-voir les intentions du Pape, & d’apprendre comment il vouloir qu’eile* feconduisissent avec ce dangereux ennemi. Clément VI effrayé des desseins deJean Vifconti encore plus que les Toscans, leur répondit qu’ils n’avoienrque Tun des deux partis à prendre, où celui d’inviter l’Empereur à palier le»
(1) Rayna'd ad tm. 1353.1351.Nc, &c;.
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