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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIII. i 59

craignit à son tour, & ne se sentant point en état de lutter contre les jjy tforces de l’Empire réunies h celles de l’Eglise ; la crainte de perdre le lemagne,fruit de tant de travaux, d’hostilités, & d’usurpations, l'engagea à faire des 1314-400.

démarches pour tâcher d’appaiser l’ennemi qu’il avoit fi violemment irrité. --“

Clément VI & les Cardinaux rejetteront d’abord avec indignation les propo-litions de paix que FArchevêque leur fit faire ; mais celui - ci employa de fipuissantes sollicitations & offrit des sommes si considérables, fit des préfens simagnifiques que de l'avis des Cardinaux non seulement le Pape oublia toutes Paix entnles injures qu’il avoit efiuyées, mais accorda encore à Jean Visconti l’invesli- Wsconti &ture de Milan & de Boulogne pour douze ans, moyenant une rétribution ^ S.de 12000 florins d’or par année; ensorte qu’à force d’argent, l’Archevcqueretint tout ce qu’il avoit usurpé, fut abondamment absous & solemnellementréconcilié à l’Eglife. En cette occasion, le souverain Pontife fournit h FAr-chevêque de Milan d’excellens matériaux, pour peu que celui-ci eût tentéde publier une seconde lettre du Diable.

Quoique la guerre entre les Guelfes & les Gibelins fut terminée, Char-les IV étoit toujours également impatient de se montrer en Italie, & leSouverain Pontife assuré qu’il n’avoit rien h craindre d’un Prince aussi zé-lé pour les intérêts de l’Eglise, ne désiroit rien tant que l’occasion, sinonde le recevoir lui - même à Rome, du moins de donner des ordres pourqu’il y fut reçu avec les honneurs les plus distingués : mais il n’eut pasla satisfaction d’apprendre la nouvelle de ce voyage, il mourut le 6 e De- Mortdtcembre 1352, fùc infiniment régretté par quelques femmes qu’il laissoit gou- CiimmtPT,.verner, par une foule d’ofsiciers & de chevaliers que son goût pour le faste pj°[^r ugi .attachoit à fa cour, & fort peu estimé du plus grand nombre des Cardinaux, cfrffVqui lui donnèrent pour succeílèur le Cardinal Etienne Aubert, François, né IZZLdans le diocèse de Limoges & qui prit le nom d’Innocent VI. EtienneAubert étoit un homme simple, de mœurs très-respectables, & qui avantque d’embrasser l’état ecclésiastique avoit été successivement Professeur endroit civil & juge-mage de la ville de Toulouse; il n’aimoit point le faste,étoit sans ambition, & il ne permit ni aux femmes, ni aux flatteurs de s’in-gerer des fonctions du suprême Pontificat (1).

Dès la premiere nouvelle que Charles IV reçut de l’élevation d’InnocentVI, il se hâta de lui écrire dans les termes les plus soumis, fe hazardant néam-moins à l’exorter à la douceur, à la modération & fur-tout au choi desmoyens les plus sages d’accroître autant qu’il lui seroit possible le nombredes fidelles. Etienne Aubert étoit modeste, il donna de grands éloges auxbonnes intentions de l’Empereur, le remercia de ses avis, ainsi que de l’atta-chement qu’il montroit au S. Siégé, & pour répondre aux répréfentations duMonarque il lui donna aussi de très-judicieux conseils fur l’administration deFEmpire ; car la vérité est qu’Innocent VI étoit beaucoup mieux instruit dans3a science du gouvernement, que l’Empereur ne l’étoit dans les assures rela-tives à l’exercice de la puissance spirituelle aussi la lettre du Pontife pénétraCharles IV de la plus vive satisfaction, il la reçut avec cette profonde véné-ration qu’il témoignoit toujours pour tout ce qui venoit de la cour d’Avb

(ï) Maimbourg Raynald. Eleury. Tom, 20 . L. 9S.