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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIII. x 61

après il écrivit au souverain Pontife pour le prier d’inílicuer une fête en Thon-neur de ces précieuses reliques, très - important service qu’Innocent lui ren- Iemagne,dit fort généreusement, ajoutant même par surabondance plusieurs années ^UMco.d’indulgence à quiconque viíìteroit les Eglises où étoìent ces respectables monu- ~mens. Les bontés d’Innocent VI enflammèrent l’Empereur d'un tel zele,qu'il ne s’occupa plus jusqu’au tems de son départ que du soin de raslèmblerà Prague le plus de reliques qu’il put se procurer; il écrivoit par tout, endemandcit de tous côtés, & il étoit lui même aussi surpris qu’édifié de laprodigieuse quantité qu’on lui en envoyoit de toutes parts; aussi dans ces mo-mens d’ardeur , se donna-t-il les plus grands foins pour ramener à l’o-béiíTance de Rome tous ceux que les troubles passés en a voient écartés ;

& se donna tant de soins qu’il parvint à réconcilier au S. Siégé, Albert Ducde Bavière, Prince foible, pusillanime, & qui depuis long - tems étoit dé-voré de remords, croyant avoir justement mérité les censures, pour avoirsoutenu la cause de Louis V son pere : dans le désir preílànt qu’il avoit d’êtreabsous, il ne rougit pas de signer une formule d’abjuration aviliflànce pourlui - même.

Beaucoup moins empressés d’être absous, les rebelles d’Italie, bien loiade témoigner quelque désir de rentrer fous l’obéissance du souverain Pontife,retenoient les principales villes de l'Eglise, où les tyrans qui s’en étoient em-parés, jouissoient fans scrupule des revenus qui eullènt dû être versés dans le*coffres du Pape, qui faisant un dernier effort pour arrêter les progrès troprapides des armes de ses ennemis, y envoya en qualité de Légat, le Cardi-nal Gilles Alvares d’Albornos, homme habile, sage, prudent, aussi capa-ble de bien commander une armée que de conduire une négociation. Toutautre que lui n’eut vraisemblablement point osé se charger d’une aussi dange-reuse légation ; íi ne restoit plus en effet que deux places de fureté au S. Sié-gé, Montefalco & Montefiascone. Jean de Vico qui s’étoit décoré lui-mêmedu titre de Préfet de Rome, étoit maître de Toscanelle, de Viterbe & depresque tout le patrimoine ; Jean XXII & Clément VI l’avoient excommu-nié & il n’en étoit devenu que plus entreprenant. Albornos lança aussi furlui l’excommunication ; mais comme il comptoit peu fur l’efficacité de cemoyen; il se mit à la tête des troupes, lui fit très - vivement la guerre, ledéfit en plusieurs rencontres & lui enleva Toscanelle (i).

Les Romains toujours dans le prudent usage de suivre le parti des plusforts, ne manquèrent point de se mettre fous la protection du Légat, & ilsavoient d’autant plus d’intérêt à chercher de l’appuy, quil venoit d’y avoir àRome un tumulte très-violent qu’Innocent VI avoit occasionné fans le vou-loir & contre son attente. En effet, à peine il eut pris posièssion du S. Sié-gé, qu’il rendit la liberté à Rienzi, & trop facilement persuadé des grandesvues & des bonnes intentions de ce factieux, il l’avoit renvoyé à Rome, oùil avoit été reçu aux acclamations publiques. Rienzi, dont la longue cap-tivité n’avoít fait qu’accroître l’ambition, reprit fa charge de Tribun, íè don-na le tître de Sénateur, se rendit très-puissant dans Rome, se mit h juger Tyranniesouverainement & de la fortune & de la vie des citoyens; foula infolem- % t ^ rtde

(i) Raynald ai enn. 1354. Matthieu Villani. Lib. z. cap. 98.Tome XL. X