D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIII. i6§
qua une diete folemnelle à Nuremberg, où se rendirent les Electeurs, les Hifi.à'M-Princes, les Comtes, les Seigneurs & les députés des villes impériales. Ce lemagne,fut dans cette assemblée qu’il fut réglé que les Comtes Palatins jouiroient, i5f4-i4°o.exclusivement aux Ducs de Bavière, des privilèges & de la dignité Electo- 'raie, ce fut aussi dans cette dicte que le Chef de l'Empire fit plusieurs consti-tutions, & des reglemens de la plus grande utilité.
La plus célébré de ces constitutions, & qui, presque dans tous ses pointsest encore observée est le fameux Edit appellé, Bulle d’Or , & dans le- “ e
quel est réglé tout ce qui concerne, soit la forme de sélection du Roi desRomains & de l’Empereur, soit les fonctions de chacun des Electeurs, sonrang & fes prérogatives. Ce fut le célébré Barthole, qui, par ordre de Char-les IV, dressa tous les articles de cet édit. II est vrai que l'on doute si cefut Barthole ou l'Empereur qui en écrivit le préambule; car ce préambuleest une efpece de sermon en style singulièrement élevé, & dans lequel l'Em-pereur fe déchaîne fort vivement contre les sept péchés mortels. Aux allé-gories, aux apostrophes à Satan, Lucifer Lcc.; à la mysticité de ce sermon,on reconnoit bien plus Charles IV, admirateur outré du style allégorique duPape Innocent VI, que le savant Barthole, intrépide commentateur d’Ulpian& de Tribonien, nullement prédicateur, & beaucoup moins poëte dans leton de fes écrits. Comme le droit public d’Allemagne est appuyé en très-grande partie fur cette Bulle d Ur, ainsi nommée du sceau d’or donc elleest scellée, nous pensons que l’Histoire même que nous écrivons éxige quenous employons quelques momens à en donner une idée au Lecteur.
Cet Edit, tel qu’il fut lu & publié en présence de Charles IV, devanr jnoiyst utles Princes & Etats de l’Empire assemblés iì Nuremberg, ne concenoic alors ^que 23 articles ou chapitres. Le premier avoit pour objet la maniéré dontles Electeurs feroient accompagnés jusques dans la ville ou au lieu où ils au-roient à procéder h sélection du Roi des Romains : car dans ces tems leschemins étoient très-peu sûrs en Allemagne, & il fut statué que chaqueElecteur lèroic tenu de faire conduire & escorter par toute l’étendue de sadomination tous ses co-électeurs ou leurs députés, à la premiere réquisitionqui lui en feroic faite, fous peine de parjure, & d'être privé, pour cettefois, de voix & de suffrage dans sélection: les Princes possédant quelque 1 Chap,fief de l’Empire, les Comtes, les Barons, gens de guerre, vastàux, nobles& non nobles, ainsi que les habitans des bourgs, des villes & de tous leslieux de 1 a domination impériale font fournis à la même loi. La maniérédont l’Archevêque de Mayence doit envoyer fes lettres patentes pour intimerla convocation par des couriers exprès h chacun des Princes Electeurs ec-clésiastiques & séculiers fes confrères, est déterminée dans le même chapitrele 2e a éprouvé des changemens depuis que quelques-uns des Electeurs fe 2 C!,a P'font séparés de l’Eglife Romaine : il est question dans ce chapitre des formu-les à observer lors de sélection du Roi des Romains, & il y est statué queles Electeurs, ou leurs Ministres Plénipotentiaires, dès le lendemain qu’ils
fe feront tous rendus à Francfort, iront & feront chanter dans l’Eglife de
S. Barthélemi la messe du S. Esprit, à la fuite de laquelle, ils promettront,
la main fur la poitrine & l’évangile de S. Jean devant les yeux, que, sui-
vant leur discernement & jugement, ils éliront un chef temporel au Peuple