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HISTOIRE DE L’EMPIRE
Sect.VIII. raux âu parti Gibelin vint à Pise pour rendre ses devoirs à l'Empereur & luijfíi/î d’ AI- offrir ses services, Charles ne vouloir ni l’entendre, ni permettre qu’on le
lemii'ne, i u j présentât, par la grande raison que sans risquer le salut de son ame, il1314-1400. • ■ •
Succès duLégat
bornas contreles Ty r ansd'Italie.
n’étoit pas permis h un chrétien de conférer avec un excommunié. II fautcependant avouer que si, dans la vue de plaire au souverain Pontife, Char-les IV faifoit des bassettes auxquelles peut - être aucun de ses sujets n eut vou-lu descendre, il en étoit ou s’en croyoit bien abondamment dédommagé parles éloges outrés que le Pape lui prodiguoit, & ces éloges étoient tels, quepour en marquer fa reconnoissance, l'Empereur ne croyoit jamais en avoirfait assez en faveur du souverain Pontife : afin de mériter de plus en plus labienveillance de la cour d'Avignon, il fit passer en Italie un corps très-con-sidérable de troupes, à la tête desquelles le Légat Albornos remporta quel-ques avantages fur les Malatesta, les Manfredi & même fur François Oder-laffi, le plus terrible & le plus impitoyable des Capitaines Gibelins: cruelpar goût & d’ailleurs violemment aigri contre la cour d’Avignon & les Guel-fes , Oderlaffi ne faifoit pas la guerre en Général qui ne cherche qu’à se dé-fendre , mais en bête féroce & pour se donner le plaisir d’assouvír sa cruau-té; c’étoit sur-tout du sang des Prêtres qu’il paroissoit altéré; il les faifoitpérir dans les supplices les plus cruels & les plus douloureux, en un seuljour il en fit brûler vifs & écorcher quatorze fous ses yeux : les foudres dupalais d’Avignon lancées fur fa tête ne le rendirent que plus furieux & plusatroce; ce fut pourtant cet homme si violent, & qui d’ailleurs étoit habileGénéral que le Légat Albornos eut la gloire de vaincre (1).
Pendant qu’en Italie les impériaux combattoiení pour le Pape contre les Gi-belins, Charles IV s’occupoit en Allemagne des moyens les plus sûrs de perpé-tuer la paix; & pour y parvenir, il publia les reglemens les plus judicieux,& qui le firent regarder avec raison comme un Souverain fort éclairé ; car ilfaut avouer que malgré ses foiblesses & ses lâchetés même, Charles éclipsaplusieurs Princes ses contemporains dans Part de gouverner. L’une des prin-cipales causes des troubles que P Allemagne avoit éprouvés, avoit été la més-intelligence qui jufqu’alors avoit divisé les Princes de PEmpire ; mais CharlesIV régla si bien les droits, les préténtions & les prérogatives des uns & desautres, qu’il leur ôta tout prétexte de se faire la guerre, c*étoit sur - tout dansle tems des élections des Empereurs que chacun de ces Princes étendoit sesprérogatives; ils empiétoient les uns fur les autres, & occasionnoient pardans fadiete leur s distendons les plus cruels désordres. II est vrai que dès lors l’usage avoitie Nurrn- £ xt i sept le nombre des Electeurs: mais ce titre n’étoit pas attaché à cer-taines maisons, ni à certains Princes prívativement à d’autres; en forte quepresque tous prétendoient avoir le droit d’élire, & cette prétention avoit fuffcité de très-vives disputes entre les Ducs de Bavière & les Comtes Pala-tins, qui soutenoient de part & d’autre devoir jouir de la dignité Electorale,quoiqu’ils fussent de la même maison (2). Afin de terminer d’une maniéréirrévocable cette contestation en effet très-importante, PEmpereur convo-
Lmx IS TSgltmens ré-digés U pu-bliés parCharles IV
berg.
I35<5-
(1) Raynald ai am. 1355. N. 31. Vlta Nìcol. Laurent, cap. x8. (r) Spener Hìfl.
Oemi. Univ, T. r. Lib, 2. cap. 2. Maimbourg Hist. de la décad, de l’Emp. Dumay. Etatde l'Emp,