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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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Sjsct.VIII.Iiilì. ci'Al-lemagne ,1314-1400.

Sujet duwyuge duDauphinde Francei Metz.

168 HISTOIRE DE L’E M P I R E

pris toutes les précautions possibles pour l’ériger en loi fondamentale del’Empiie, voulut se donner à lui-même & au peuple, à Metz, où il étoitencore, le spectacle des exercices des diverses fonctions des Electeurs, & iidonna, dans cette vue, un magnifique festin, pendant lequel chacun desPrinces Electeurs joua pour la premiere “fois, comme s’il Peut joué toute favie, le rôle qui lui étoit assigné; & comme le Roi de Bohême ne pouvoirfaire l’office d’Archi-échanfon, attendu que c’étoit Charles IV lui-même, cefut Wencestas son frere qui en exerça les fonctions à la plus grande satisfac-tion de l’Eropereur & de la foule des spectateurs.

Le plus illustre de ces spectateurs étoit, comme on l’a dit, le fils ainedu Roi de France, qui pourtant n’étoit pas venu d Metz uniquement poury assister h cette eípece de représentation; mais pour engager Charles à ferendre médiateur entre les Rois de France & d’Angleterre qui fe faisoientalors une guerre cruelle (1). Vainement le Pape Innocent VI avoit fait lesplus vives démarches pour engager les deux Souverains à terminer par untraité de paix leurs contestations: il eut réussi peut-être, fi, malheureuse-ment pour la France, le succès des Anglois qui fe rendirent maîtres de Ca-lais n’eut enflammé l’ambition d’Edouard, & ne lui eut donné le chimériqueespoir de conquérir la France & de faire valoir par la force des armes, lesdroits qu’il prétendoit avoir fur la couronne de son rival, fur lequel il avoit d’au-tant plus davantage, qu’il étoit secondé par Charles le Mauvais, Roi de Navar-re, le plus inique des souverains, le plus perfide & le plus scélérat des hommes.Car, peu content d’avoir formé des complots détestables contre le malheureux& trop crédule Jean, Roi de France son beau-pere, il séduisit Charles, Dau-phin de France, lui persuada d’abandonner la cour de son pc-re, de fe reti-rer auprès de l’Empereur Charles IV, & de prendre avec lui des mesurespour se saisir de la personne du Roi Jean, renfermer, & si les circonstancesl’exigeoient attenter à fa vie. Cette perfide trame n’eut point de suites; el-le fut découverte presqu’au moment fixé entre les conjurés pour le départ duDauphin, qui ne tarda point à fe repentir amerement d’avoir prêté l’oreilleaux affreuses propositions du Roi de Navarre; il fe réunit étroitement avecson pere, qui, plus courageux que prudent, marcha contre les Anglois, lesrencontra pour son malheur près de Poitiers, dans la plaine de Maupertuis,leur livra bataille, fut complettement vaincu, vit périr sous ses yeux la plusgrande partie de son armée, courut lui-même les plus grands dangers, futfait prisonnier & conduit en captivité à Bordeaux par le Prince de Gal-les son vainqueur (2).

A la nouvelle de l’infortune du Roi de France , Innocent VI fe hâtad’écrire h Edouard pour l’c-xhorter à la modération envers le Monarque mal-heureux qui étoit tombé en son pouvoir: Edouard étoit généreux, il n’abufapoint des droits de la victoire: il paroit même qu’il ne voulut point’pouílèrses avantages aussi loin qu’il les auroit pu pousser en France, dont la con-quête ne paroissoit rien moins qu’impossible après un tel désastre. Ce fut

dans

(1) Rebdorf. ad ann. 1356. Matth. Villani. Lib. 5. Cap. 46.& P. Daniel, tìijl. tic France.

(r) Mezerai,