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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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ï 7 o HISTOIRE DE L’E M P I R E

«, vin. A. la Balle d’or près, qui même n’avoit pour bur que la conservation dosji'i/í.'d'Al- droits des Electeurs, & des prérogatives de la couronne de Bohême, il estleinsgne, constant que Charles IV s’embarraflà fort peu des affaires de l’Empire, &1314-1400. q Ue à la plus extrême indifférence à cet égard, il ne s’occupa guere que desaffaires des peuples & des souverains étrangers, non par intérêt pour eux,mais seulement par intérêt pour lui-même. Ce fut ainsi qu’ambideux d’a-jouter la Silésie, fief de l’Empíre à la Lusace relevant de la Pologne, auRoyaume de Bohême, il entreprit une guerre très-injuste contre le Ducd’Autriche, qui, après avoir vainement représenté à tous les Princes de l’Em-pire combien ils s’exposoient eux - mêmes , s’ils souffroient de semblablesusurpations, rafièmbla toutes ses forces & marcha contre Charles. Celui-ci,foible guerrier, mais fort adroit usurpateur, jugeant avec raison ses forcesinférieures à celles du Duc d’Autriche, eut recours à des moyens qui luiétoient assez familiers, très-condamnables è> la vérité, mais qui lui avoientréussi jusqu’alors, & qui lui réussirent encore, II corrompit trois des princi-paux officiers de l’armée du Duc d’Autriche, & les traîtres persuadèrent sibien à leur maître par leurs faux rapports que l’armée Impériale étoit innom-brable, & qu’il seroit inévitablement écrasé dès la premiere action, que leDuc effrayé s’enfuit précipitamment. Cependant les trois perfides étant ve-nus demander à Charles IV la récompence qu’il leur avoit promise, il lesaccabla de reproches, les fit chaflèr avec ordre de sortir au plus vîte de sesEtats fous peine d’être livrés au Prince qu’ils avoient si lâchement trahi.L’indignation de Charles IV mériteroit fans doute des éloges s’íl n’eut étélui-même en cette occasion plus traître & plus perfide que ces trois offi-sfrarice ne ciers, lui qui les avoit corrompus & séduits. II n est pas à présumer d’ail-ClwkilV, ] eurS qu e ce fut véritablement par intégrité que Charles IV lé conduisit ain-si avec les trois perfides ; il avoit donné plus d’un exemple de semblablesmanœuvres, & il ne convenoit pas à fauteur de l’empoisonnemenc de Guntherd’affectir tant d’horreur de la trahison, auífi soupçonna -1 - on cette grandecolere de n’avoir d’autre motif que l'avarice, car depuis quelque rems l’Empe-reur fe livroit à ce vice. Fatigué des foins de l’administration publique il nes’enmêloit plus, & n’étoit occupé que des moyens légitimes ou illégitimes degrossir ses trésors; il vendoit tout, accordoit tout pour de i’argent, emplois,honneurs, grâces, distinctions, on étoit fùr d’obtenir tout de lui, pourvuqu’on le payât: son honneur, son autorité, la gloire de son rang; il n’étoit£? ses mal. rien qu’il ne postpofât h l’or ; & ce vil sentiment le rendit plus d’une fois in-vsrfat'Ms. juste & tyrannique. Le désir de fe voir riche le fit descendre aux plus avilis-santes bassesses; il vendit aux villes Impériales leur affranchissement & aug-menta leurs privilèges, il abolit les dignités anciennes & en créa de nouvellesdont il revêtit les plus offrans; il ne rougie point de rendre pour de l'argentles Princes plus absolus fur leurs sujets, qu’ils pouvoíent désormais fouler impu-nément: il fe rendit maître du trésor de l’Empire,aliéna les péages,les reve-nus publics, & contraignit enfin des peuples libres à acheter leur liberté, qu’iln’avoit aucun droit de restreindre; en un mot il saisit toutes les occasions &tous les prétextes de vendre ou d’engager h son profit les biens de l’Empire,qu’il affoiblit autant qu’il fut en fa puissance. II est vrai que Charles IV femontra libéral une fois en fa vie, & ce fut lorsque, dans la vue de parvenir

Guerre in-juste £?perfidie deCharles IV.1357 -