D'ALLEMAGNE. Liv. XXV. SECT. VIII. 1 7 i
an trône Impérial ou pour s’y affermir, il répandit des sommes immensespour gagner les suffrages des Electeurs : mais il se dédommagea bien de cet-te profusion, lorsque, tous ses concurrens écartés, il ne travailla plus qu’àruiner l’Empire a fin de recouvrer au centuple ce qu’il lui en avoit couté pours’élever à ce rang: aussi l’un des plus illustres d’entre ses successeurs, Maximi-iien I er , dilòit-il, que Charles IV avoit été pour l’Empire & l'Allemagne unfléau plus cruel que la peste (1).
II faut cependant avouer qu’il s’en fallut de beaucoup que tout le mon-de pensât auflì défavorablement de Charles IV; il est vrai qu’il étoit mé-sestimé des grands, & fort haï du peuple ; mais il se consoloit de cessentimens peu flatteurs, par les fréquentes assurances que le souverain Pon-t'.ie lui donnoit de fa tendre amitié: en effet, l’Empereur jouissent de laconfiance enciere d’Innocent VI, qui craignant alors pour le Comté Ve-naiflìn, menacé d’une violente invasion par cette foule de scélérats qui,fous le nom de compagnies se rendirent si fameux par l’horrible brigan-dage qu’ils portoient de province en province, écrivit à Charles IV unelettre remplie des plus fastueux éloges fur son amour pour la justice, favaleur & fur-touc íòn désintéressement. Vraisemblablement Charles IV nele reconnut point à ces brillantes qualités, qui jamais en effet ne l’avoient ca-ractérisé. II fut très-enchanté des marques d’éstime que le Pape lui donnoit,mais quelque vive que fut fa satisfaction, il n’eut garde de marcher à la têtede ses troupes à la défense du Comté Venaiísen ; une semblable expéditioneut exigé trop de dépenses, & Charles n'étoit rien moins que disposé à com-battre à ses frais les ennemis d’Innocent (-2).
Rodolphe, Duc d’Autriche & fils ainé d’Albert le Contrefait se montraplus zélé pour les intérêts du S. Siégé, il marcha contre frs dévastateurs desterres de l’Eglise : c’étoit ce même Rodolphe qui venoit de se signaler parles foins qu’il s’étoit donnés pour réconcilier avec le souverain PontifeLouis, Duc de Bavière, Marquis de Brandebourg; mais dans le même temsle Prince Louis donnoit des marques sensibles de son mécontentement àCharles IV , avec lequel il se brouilloit en haine de ce que celui - ci venoitd’accorder la dignité Electorale à la Branche Palatine : le Marquis de Bran-debourg étoit même si fort ulcéré, que, s’éloignant avec sesfreres, il pritles armes contre l’Empereur, qui par des démarches peu honorables, &qui décèloient fa soiblesiè, parvint à se raccomoder avec la maison de Ba-vière. A la vérité fi ce sut à des conditions peu glorieuses que CharlesIV appaisa le Marquis de Brandebourg & ses freres, il fut hautement con-damné par tous les sujets de l’Empire qui ne voyoient qu’avec indignation ceSouverain dégrader chaque jour d’avantage la majesté de son rang & la gloiredu trône Impérial. Aussi ne faisoit-il nulle difficulté de céder sans rougirtout ce que l’on jugeoit à propos de lui disputer, de renoncer honteusementà ses droits les plus légitimes, & d’abandonner tout; ses trésors & les fruitsde ses déprédations exceptés ; car fur ces deux articles il se montroit toujoursde la plus inébranlable fermeté (3).
(1) ]oan. Cluver. in Epitrn Histor. ad ann. 1358. (2) Spener Hifl. Germ.
Unìv. T. 2. Lib. 2. Cap. 2. Rnynald. ad ann, 1357 (z) Rebdoiff. ai ann. 1357 *
Spcner. Cuspinian.
Y a
MU. d’AI-
leinagne,
1314-1400.
II refuse desecourir iePape.
Méccmten-Xtment géné-ral contreCharles i/ r .