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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VM. i P3

visite de son oncle, il n’ignoroit pas que les Empereurs non feulement pré- ( j. A t btendoient avoir la préséance sar les Rois, mais que même quelques uns d’en- Iemagne,'tr’eux s’étoient flattés d’avoir une espece de suzeraineté sur tous les Royau- J3H-t4co.mes d’Occident, qu’ils regardoient comme feudataireg de l’Empire. Char- Vû , nnt deles V, auíîì sage, qu’éclairé, d’ailleurs très-jaloux des droits de fa couron- Chutes iv,ne, prit les plus sures précautions pour que rien, soit dans la réception qui à ta courûtseroit faite à l’Empereur quoique son oncle, soit dans le séjour qu’il feroit France.en France, ne put lui suggérer l’idée de faire valoir ces ridicules prétentions. * 378 'Assurément le Roi de France connoiflòit en cela fort mal l’Empereur Char-les IV, qui avoit si lâchement abandonné tant de droits légitimes, qu’il n’yLvoit pas à craindre qu’il songeât h en réaliser d’aussi chimériques. Charles IVarriva à Paris le I er Janvier 1378, & fut reçu de Charles V, en oncle très-chéri, & en Monarque ami de la France; son neveu lui fit rendre les plu*grands honneurs, le combla de présens, l’admit même à son conseil, & luiexposa lui-même avec autant d’éloquence que de précision les sujets de laguerre qu’il soutenoit contre 1 Angleterre, il présenta sa cause sous un jour f!favorable, que Charles IV déclara publiquement que lui, Wenceílas son fils,ses alliés & ses sujets étoient & resteroient au service du Roi de France (i)-Ayant fait son pélérinage à l’Abbaye de S. Maur, l’Empereur comblé d’hon-neurs, de présens, de riches reliques, reprit le chemin d’Allemagne, aprèsavoir nommé son Vicaire - Général & perpétuel dans le Royaume d’Arles lePrince Charles, Dauphin de France, fils aîné du Roi. Pendant que Char-les IV pasibit des jours délicieux à la cour de France, Grégoire XI se ré-pentoit d’être entré à Rome., où, quelque brillante qu’eut été la réceptionqu’on lui avoit faite, à peine on lui laiflòit une ombre d’autorité. La suprê-me puiflànce y étoit exercée par un Magistrat, sous le titre de Sénateur, &par douze Bannerets ou chefs de quartiers: de maniéré que ne voyant aucuneforte d’espérance de rétablir son autorité temporelle, le Pape étoit déterminé dià s’en retourner à Avignon, & étoit à la veille d’entreprendre ce voyage, xff 01 ’ 6lorsqu’une violente maladie le conduisit au tombeau le 27 du mois de Marsaprès un Pontificat de 7 ans 2 mois & 27 jours, on lui reprocha trop d’at-tachement pour ses parens, ses freres & ses neveux, de l’élevation desquelsil fut plus occupé qu’il n’eûc dû l’être. Du reste, il aima les lettres, & com-bla de bienfaits les fa vans & les littérateurs (2).

Quelque soin qu’eut pris Grégoire XI de cacher le dessein qu’il avoit for-mé de retourner à Avignon, ce secret transpira, & les Romains persuadésque si le successeur qu’on lui donneroit n’étoit pas Romain ou Italien, ilfixeroit aussi fa résidence à Avignon, s’afièmblerent & résolurent de contrain-dre les Cardinaux de nommer pour Pape un Cardinal qui fut de Rome ou Fureurs .icid’Italie, exclusivement à tout autre : dans la crainte même que leurs désirs f^trelesne fussent pas secondés par le Conclave, ils eurent recours à la violence, & Cai 7 ir.Lvles Cardinaux ne furent pas plutôt rassemblés pour procéder à sélection, que affimblés aule peuple & une foule de montagnards armés, gens féroces & brigands, fi- Conclave.vent aux environs un horrible tumulte, criant en forcenés; un Pape Romain

(1) Daniel, Mezerai, Gockfroi Paç. 54-102. Cbrislin de Pison. Partie 3. cX \ 3.

(2) RaynaU ad anrt. 1378. Fleur? Tom. 20. Liv. 97.

Tome XL. 13 b