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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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HISTOIRE DE L’EMPIRE

Sect.VIII.Hist. iVAl-lemagne ,

1314-14.00.

Ekftiond' Urbain

VU

Et de Clé-ment Vil.

Jchisme.

ClnrUs IVse déclarepaurUrbain,(f meurt.

Son carac-tère.

ou Italien, ou nous massacrons tous les Cardinaux : ceux-ci, quelque frayeurque duisent leur causer ces cris & ces menaces, élurent d’une voix unanime,Barthélemy de Prignani, Archevêque de Bari, originaire de Naples & quin’étoit point Cardinal. Cette élection parut également agréable aux Romains& aux seize Cardinaux qui l’avoient élu; ils affilièrent tous à son installation,lors de laquelle il prit le nom d’Urbain VI ; ils lui rendirent tous les devoirsaccoutumés, & écrivirent tous seize aux Cardinaux qui étoient restés h Avi-gnon, une lettre dans laquelle, en leur rendant compte de l’unanimité desélection, ils se félicitoient du choix qu’ils avoient fait, & qui fut approuvépar les Cardinaux d’Avignon: cependant trois mois après, quelques-uns deces mêmes Cardinaux électeurs d’Urbain, prétextant faussement que cetteélection avoit été forcée, se r assemblèrent h Ánagni près de Gaête, élurent,fans raison, & illicitement Robert de Genève, Cardinal Prêtre, qui prit lenom de Clément VII ; de maniéré que le mécontentent de quelques Cardi-naux factieux alluma un schisme qui pendant une longue suite d’années, dé-sola les Eglises d’Occident (r).

De nos jours un événement semblable ne produiroit que quelques intriguesh Rome, & nul mouvement en Europe; on'pensoit différemment dans leXIV siecle, & il dépendoit du caprice de quelques prêtres turbulens, quiau lieu d’un Pape, imaginoiént d’en nommer deux, de troubler le repos desnations. En effet, à peine cette double élection fut publique, que la Po-logne, la Hongrie, la Flandre, la Bohême; la Westphalie & les peuples duNord embrassèrent la cause d’Urbain; tandis que la France, l’Ecostè, leRoyaume de Chypre, les duchés de Savoye, de Lorraine, de Bar & d’Au-triche se rangerent du côté de Clément. Quant aux deux chefs de l’Eglise,ambitieux de s’exclure l’un l’autre de la chaire pontificale, & de tenir à l’ex-clusion l’un de l’autre le filet de 8. Pierre, ils s’accablerent d’injures, de re-proches, d’outrages, se foudroyèrent, s’anathêmatiferent mutuellement, &remplirent le monde chrétien de troubles, de scandale, de folie & de fana-tisme (2).

Au milieu de ce schisme, l’Empereur Charles IV se déclara sans balancerpour Urbain, qui s’étoit empressé de confirmer sélection de Wenceslas, Roides Romains: mais le bon Charles IV n’eut pas le tems de voir les triom-phes & les disgrâces de son Pape, car peu de tems après son retour de Fran-ce h Prague il tomba malade & mourut le 29 Octobre 1378, assez mésesti-mé des grands & fort peu regretté des peuples. Peu de souverains ont euautant de foiblesse d’ame que lui ; peu de monarques ont porté l’avarice auffiloin, & cependant il étoit encore plus vain qu’avare; on dit qu’il aimoit lesfavans, qu’il étoit éclairé lui-même, ce qu’il y a de plus vrai, c’est qu’ilfut un très-mauvais politique, qu’il ne fçut ni maintenir ses droits, ni veil-ler à l’administration de ses Etats : à l’égard de ses lumières on ne peut enjuger que d’après la célébré bulle d’Or; & cette bulle ne prouve que sonorgueil & fa puérilité: car il n’y est question que de la pompe du couronne-

orgueil

ment,

puérilité

du ridicule cérémonial de la cour, & des minutieuses fonctions des

(1) L’enfant Hist. du Concil. de Pise. Liv. 1. Fleury Hist. Eccì. Tom. 20. (2) Vita

Greg. XI. apud Beluz. Tom. 1.