Sect.VIII.Hist. d’Al-lemagne ,1314-1400.
Cessationdes trou-lies de Hon-grie.
Urbainmeurt, Jlo-niffice IXlui succédé,b U schis-me Je jersi-tue.
io 4 HISTOIRE DE L’E M P I R E
ne fit nulle difficulté de se rendre seul dans l’appartement d’Elisabeth, qui, sousprétexte d’avoir des affaires très - importantes à lui communiquer lui avoit faicdemander un secret entretien : mais dans le tems que la Reine entretenoitpaisiblement le nouveau Souverain , Fargach , assassin qu’elle avoit apos-té, s’approcha de Charles, & d’un coup de sabre lui fendit la tête jusqu’auxyeux. Le malheureux Monarque périt h Wisigrade trois jours après. Lesconspirés ne surent pas plutôt informés de cet assassinat, que courant en fouleau palais de Bude, ils en arrachèrent les deux Reines, les chargèrent de fers,& les firent monter fur un chariot qui les transporta en Croatie, où ellessurent enfermées dans une citadelle : Elisabeth y resta peu de tems ; JeanHerwath, Ban de Croatie ne la jugeant point assez punie, ni Charles de Du-ras afièz vengé, la fit précipiter dans la Bozw.ha & fit renfermer Marie en-core plus étroitement (1). Cependant Sigismond s’avançoit à la tête d'unsarmée nombreuse ; les révoltés tentèrent vainement de l’arrêter dans fa mar-che , il les battit, reçut avec clémence & pardonna à ceux qui vinrent se sou-mettre h lui, & bientôt la Hongrie entiere fut soumise ìt ses loix. Le chefdes révoltés Herwath, Ban de Croatie, allarmé des succès du Roi, & crai-gnant tout après le crime dont ils s’étoit souillé, alla dans la forteresïè où iltenoit la Reine Marie en prison & il lui demanda, pour prix de la libertéqu’il alloit lui rendre, d’oublier tout ce qui s’étoit passé: Marie ne balançapoint, promit tout, signa même un acte par lequel, non-seulement elle re-nonçoit à se venger, mais kulsi par lequel elle promettoit à Herwath de luilaisser son Gouvernement. La liberté lui fut rendue; elle alla joindre sonépoux, qui, dans l’amnistie qu’il fit publier eut foin d’excepter du pardonqu’il accordoit aux coupables, le Ban de Croatie, qui ne méritoit pas en effetqu’on lui fit grâce; il se sauva en Bohême, y fut découvert quelque temsaprès, arrêté, & tiré h quatre chevaux.
En perdant avec la vie le sceptre de Hongrie, Charles de Duras occasion-na par fa mort des troubles violons dans le Royaume de Naples, disputé en-tré sa veuve, mere de Ladiílas; Louis d’Anjou; & le Pape ou l’antipape Ur-bain, qui s’en regardoit comme le seul & légitime souverain, nous avons ditailleurs quelles horreurs & quels ravages commirent ces différens partis pours’txclure l’un l’autre (2). Le plus obstiné des trois prétendans, Urbain, mal-afiuré lui-même fur la chaire Pontificale, mourut peu regretté, quoiqu’il.eut de respectables qualités; mais elles surent éclipsées par son insatiable cruau-té , par les moyens qu’il prit pour aggrandir fa maison, & fur - tout par fapersévérance à prolonger le schisme qui déchiroit l’Eglise. Urbain étoit dé-testé, & sa mort fut fi précipitée, qu’on crut assez généralement qu’il avoitété empoisonné. Quoiqu’il en soit, sa mort ne rendit pas le calme à.l’Eglisetles Cardinaux de son parti s’aflèmblerent & lui donnèrent pour successeur Pier-re Thomaceili, qui, fous le nom de Boniface IX, commença son pontificatpar l’excommunication de Clément : celui-ci foudroya Boniface, & le schis-me reprit une nouvelle violence. Un Prince aussi respectable, que Clément& Boniface étoient turbulens l’un & l’autre, Jean I, Duc de Lorraine, qui
(1) Chronic. Hislor. P don. L. 14. Bonfin L. I. décad. z. (2) Voy. dans cette col-lection le Tom. 37. Liv. 24. Chap. 3, Sect. 4. pag* 193 - b /«*v.