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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. VIII. aojr

s’obligea de payer tons les ans 8000 florins à chacun de ses freres. Les troisDucs réglèrent l’ordre de la succeslïon & de l’aliénation de leurs Domaines (1).

Ce n’étoit dans ce tems de troubles de confusion & d’anarchie, que par desemblables traités que les Princes de l'Empire croyoient devoir assurer 1 a paix& la concorde dans leurs maisons & leurs Etats: car on ne fongeoit pas mê-me au chef de l'Empire, en qui l'on n’avoit aucune forte de confiance, &qui n’avoit d’autre puiílance que celle de faire du mal dans son palais de Pra-gue , où il s’abandonnoit fans retenue & fans pudeur à tout ce que les vicesont de plus déshonorant, & la cruauté de plus farouche. Avide de débauche& altéré de sang, il paflòit du sommeil de l'yvrefle dans les bras'de fem-mes perdues, qu’il ne quittoit que pour fe donner le plaisir d’entendre lesgémissemens des victimes qu’il faifoit périr dans les supplices. Pour courti-sans, pour amis, pour confidens & pour ministres, il ne restoit plus auprèsde lui que le bourreau qui le fuivoit par tout, qu’il combloit d’amitiés, &qu’il appelloit son cher compere. Ces deux monstres étoient bien faits pourêtre unis par les liens de l’amitié; ils fortoient communément ensemble, &souvent le premier citoyen qui fe rencontroit sur leurs pas, étoic pendu parordre de Wenceflas, qui prenoit un plaisir singulier à ces fortes de fcenes.

A l’horreur qu’infpiroit fa vue, l’Empereur imaginant que les Bohémiensformoient quelque conjuration contre lui, fit bâtir un fort inaccessible, à deuxlieues de Prague, & où il fe retiroit, toutes les fois qu’après s’être baignédans le sang des malheureux, il craignoit que fes fureurs n’excitaflènt quel-que soulèvement. L’évenement justifia enfin les craintes du tyran : le peuplede Prague fe souleva, & les magistrats irrités de voir cette capitale fe dépeu-pler chaque jour par les mains meurtrières du souverain & du bourreau, femirent à la tête du peuple, allerent au palais, fe saisirent de l’Empereur,le chargèrent de fers & le jeterent dans un cachot, où il resta pendant qua-tre mois. A force de prières & de promeílès de changer de conduite, il tou-cha le sénat, qui lui permit l’ufage des bains, on on le faifoit conduire parquatre gardes; un jour qu’ils s’étoient un peu écartés il vit près du rivage unenacelle près de laquelle étoit une lavandière : il lui demanda si elle auroit lecourage de le conduire de l’autre côté; elle répondit qu’oui; il s’élança dansla nacelle, gagna le bord opposé, alla fe renfermer dans le fort qu’il avoirfait construire & dont le Gouverneur lui étoit dévoué. Sufanne, c’étoit lenom de cette femme, fut magnifiquement récompensée; & Wenceflas peucontent de l’admettre h fa table, en fit une de ses concubines les plus ché-ries (s).

Bien loin d’avoir adouci la férocité de son ame, la captivité n’avoit fait querendre Wenceflas plus cruel & plus sanguinaire : il tomboit plusieurs fois parjour dans des excès de fureur si violens, qu’il immoloit quiconque ofoit rap-procher, Sufanne feule exceptée, qui confervoit encore de l’afcendant furlui. Enfermé dans le château de Ziebrack il y recommença ses débauches &fes atrocités: il reparut h Prague & y commit tant de crimes que les grandsde Bohême ne voulant plus d’un tel monstre, envoyerent prier Sigisraond dc

(1) Adlzreitt Ann. Boic. Gentis P. 2. L.6. (2) Hist, Luxtmì 1 . L. 5 J- Bonfiu, Df-

tad. 3. L. 3.

Hist. d'Al-lemagne,1314-1400».

Déborde-ment &cruauté defVenceJíte.

Wencejk)est arrêté, Hi 'évade.I3S4-1IS5.