Sect. IX.Hijt. d’Al-lemagne ,1314-1400.
Guerre en-tre le Ductle Berg Uson fils &Paix.
I.\c6.
Confédéra-tion contreRobert.
222 HISTOIRE DE L’E M P I R E
soutenir la cause de Wenceílas, qui ne prenoit aucune sone d’int'rêt auxsoins que se donnoient pour lui des partisans qu’il ne méricoit pas d’avoir :Louis d’Orléans fatigué de combattre pour lin Monarque également vil &ingrat, négocia fa paix avec Charles, Duc de Lorraine, & elle lui fut accor-dée, aux conditions, que ni les villes, ni les seigneurs du Duché de Luxem-bourg ne seroient contraints de reconnoître Wenceslas pour chef de l'Empi-re, ni d’abandonner Robert; que les prisonniers faits par Charles seroientremis en liberté , à la charge pour chaque Comte de payer pour lui & lesliens 60 mille écus, & chaque Baron ou Chevalier trente-mille (i). Unecontestation beaucoup plus vive vc-noit de s’élever entre Guillaume, Duc deBerget & son fils Adolphe, Comte de Ravcnsberg. Guillaume par son incon-duite,- ses prodigalités, ses profusions a volt dépensé des sommes immenses,& ne voulant ni se réduire, ni suspendre le cours de ses profusions; il avoitdéjà commencé à vendre plusieurs siefs & à dégrader ses domaines, lorsqu’A-dolphe craignant avec trop de raison que son pere ne finit par le ruiner en-tierement, prit la résolution de le faire arrêter, exécuta ce vigoureux deílèin ,& fit enfermer son pere dans le château de Ravensbourg; Guillaume trouvale moyen de s’évader, il s’enfuit à Cologne, d’où, protégé par l’Electeur,il se rendit à Heidelberg auprès de l’Empereur, auquel il se plaignit amère-ment des mauvais traitemens d’Adolphe. Ce dernier ne fut pas plutôt infor-mé de l’évasion de son prisonnier, que soupçonnant Anne sa mere de conni-vence avec ceux qui avoient favorisé cette fuite, il la chaílà rigoureusementde toute l’étendue du Duché de Berg. Anne justement ulcérée d’une telleviolence, alla auíïi se jeter aux pieds de Robert, qui envoya citer le Comtede Ravensberg ^ le fit sommer de venir rendre compte de sa conduite; leComte refusant d’obéir, il fut mis au ban de l’Empire; Robert se disposoità tourner contre lui ses armes, & l’Electeur de Cologne avoit déjà raflembléses troupes pour ravager le Duché de Berg, & la ruine du Comte paroiíïòitinévitable, lorsque, pour écarter le péril qui le menaçoit,il envoya supplierl’Empereur de suspendre les effets de son courroux, & rassurer qu’il ne dé-siroit rien tant que de se réconcilier avec Guillaume & Anne. Par la média-tion de Robert, la paix se rétablit entre le pere & le fils, à condition quetoute la partie du Duché située depuis la Wipere jusqu’au Rhin appartien-droit à Guillaume, & qu’Adolphe conserveroit avec le reste, le Comté deRavensberg (2).
Le plus cruel & le plus dangereux des partisans de la tranquillité publiqueétoit l’intriguant Archevêque de Mayence , qui, toujours ennemi de Ro-bert , attiíoit sourdement le feu de la discorde ; il souffioit dans toutes lesprovinces de l’Empire l’esprit de la rébellion. A force de foins & d’instances,il parvint à liguer contre l’Empereur le Marquis de Bade, Eberhard, Comtede Wirtemberg, les Magistrats de Strasbourg & toutes les villes de Suabe.Par l’une des clauses de ce traité de confédération, il étoit convenu qu’à lamoindre démarche de Robert contre les droits ou les privilèges de l’une desvilles confédérées, tous les ligués prendroient les armes contre lui ; claufed’autant plus injurieuse à l’Empereur, qu’il n’avoit fourni aucun prétexte de
(1) Idem ibid, (2) Schaten. annal. Teschennmcher. annal. Part. 1.