D’A LLEMAGNE. Lrv. XXV. Sect. IX. iaz
accepta la proposition, paya le Marquis de Moravie, & se mettant en pos-session du Duché de Luxembourg, il refusa d’en faire l’hommage à Robert,qu’il s’obstinoit à ne pas regarder comme légitime possesseur de l’Empire :cependant il exigea lui-méme l’hommage des seigneurs ses vassaux, & leMarquis de Bade qui possédoit quelques fiefs dans ce duché, n’ofh refusercet acte de soumission: Robert en fut très-ossenfé, & la phipart des Princesde l’Empire désapprouvèrent si fort le Marquis de Bade, qu’il fut contraintde désavouer le ferment qu’il avoir fait, & qu’il révoqua (i).
Cependant les Luxembourgeois ayant ou croyant avoir à se plaindre dequelques entreprises des habitans du pays Messin, s’adreslerent à leur nouveauSouverain, qui écrivit très-fortement aux Messins, & leur ordonna de fejustifier; ils répondirent qu’à la vérité ils avoient eu des torts avec les Luxem-bourgeois, mais que cette affaire étoit terminée il y avoit long-tems, & quele Roi de Bohême leur avoit accordé le pardon. Cette réponse ne satisfitpoint le Duc d’Orléans; mais presse de retourner en France pout y luttercontre le Duc de Bourgogne son ennemi, il remit fa vengeance à son re-tour dans fou duché. Les Messins croyant qu’il ne prenoit qu’un foible in-térêt aux Luxembourgeois, ne furent pas plutôt informés de son départ,qu’ils recommencèrent leurs entreprises & leurs hostilités, mais Louis d’Or-léans revint dès le commencement de 1 année suivante, & plein d’indigtiationcontre les habitans du pays Messin, il se mit à la tête d’un corps de troupesauxquelles s’étoient jointes celles de l’Evêque de Verdun, des Ducs de Berg& de Juliers, des Comtes de Nassau, de Calm & de quantité d’autres sei-gneurs. Les Messins de leur côté formerent une ligue avec Charles, Ducde Lorraine, contre lequel, par ordre de Louis, le Maréchal du Duché deLuxembourg marcha suivi d’un corps d’armée considérable. Bientôt les deuxarmées se rencontrèrent dans la plaine de Champigny, & prefq.u’au mêmeinstant la bataille fut engagée; la victoire, après avoir balancé pendant quel-ques heures, se rangea du côté de Charles de Lorraine, les alliés furent com-plettement battus, vivement poursuivis, & en partie massacrés par les vain-queurs : les Comtes de Sarbruch, de Salm, de Saverden & plusieurs autresprincipaux officiers tomberent au pouvoir de Charles de Lorraine, qui leurfit un accueil généreux, les traita avec distinction, mais les fit conduire pri-sonniers dans quelques forteresses de ses Etats ( 2 ). Peu content de ce suc-cès le Duc de Lorraine, profitant de ses avantages & de la terreur que sesarmes inipiroient à ses ennemis, se jeta fur les terres des alliés, qu’il parcou-rut en conquérant, il entra dans le Barrois & alla mettre le siégé devant laville de Verdun, s’embarrassànt fort peu des défenses de l’Evêque, & nulle-ment allarmé de l’excommunication dont ce Prélat le menaçoit : mais celui-ci trouva dans la fuite, un moyen plus assuré de délivrer Verdun de ce péril
mji. d' ví-
Iemngne,
1400-1440.
Le Ducd'Otlérnsachette leDuché drLuxem-bourg
Guérît en-tre lesLuxem-bourgeoisU les habi-tans du pays-Mejsm.
1405.
Défaite desrLuxem-bourgeois*
effrayant.
Les pertes du Duc d’Orléans le firent renoncer aux projets de vengeancequ’il avoit méditées, & comprenant qu’il lui étoit plus avantageux d’être Traité d&Pallié du Duc de Lorraine, que de s’en faire un ennemi par le seul motif de
(1) Windach: Histor. Sigiimtnd. c. 13.Vaílebourg. ílijlairc ds Lorraine,
Ee
(2) Vit. MSS. de Charles Dus de Lomm ..
A