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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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HISTOIRE DE L’E M P I R E

'Sect.IX.Hift. à'M-iemagne ,1400 - 1442 .

II efl forte-meut proté-gé par Wen ■cejlas.

14C9.

au

Strèritéí J ape, Utummtiice-tnaw destrm'Jts deSekême,

détruisoit entierement h puissance pontificale & l’autorité des évêques, ellefavorisoit l’indépendance des citoyens; les Bohémiens vexés par leur tyran,par la cour de Rome & par les évêques, adoptèrent les opinions de Wiclef.Jean Hus, confesseur de la Reine fut un des plus zélés partisans de cette doc-trine , & il fe mit à la prêcher ; l’université de Prague s’éleva contre le no-vateur , & celui-ci méprisa les dénonciations de l’univeríité. Pour fe vengerde fes antagonistes, & s’assurer de la prépondérance dans cette même univer-sité, Jean Hus fit décider par Wenceslas, que, contre les réglemens de Char-les IV, qui avoir ordonné que dans les assemblées d’élection les Allemands& les Polonois auroient trois voix & les Bohémiens une feule, ceux ci enauroient trois h l’avenir, & que les Polonois & les Allemands n’en auroientqu’une. Piqués avec raison d’un aussi injuste décret, les Docteurs Polonois& Allemands quittèrent l’université de Prague, & fe retirerent à l’Académiede Leipsick, que venoit de fonder Frideric Guillaume, Duc de Saxe. Parleur retraite, les Bohémiens fe trouvant les plus forts, élurent Jean Hus Rec-teur de l’univerfité. Le Pape, ou l’Antipape Alexandre V informé de cequi fe passoit en Bohême & des progrès qu’yfaifoit le Wiclefifme, envoyaordre à Léopold, Archevêque de Prague de s’oppofer de toute fa puissanceh ces pernicieuses innovations. L'Archevêque fit en effet tout ses efforts pourarrêter le cours des nouvelles opinions; mais f obstiné Jean Hus, & l’univer-fité de Prague où il dominoit, fe rendirent appellans des procédures de Léo-pold au Pape Grégoire XII, qui après la mort d’innocent VII avoit été élupar les Cardinaux Romains & qui, quoique déposé par le concile de Pise,qui avoit élu Alexandre V, continuoit de fe donner la qualité de SouverainPontife. Flatté de la supériorité que reconnoisiòient en lui Hus & ses secta-teurs, Grégoire défendit fièrement à Léopold de suivre cette affaire, le Pré-lat n’eut aucun égard à ces ordres, & il envoya prier l’autre Pape d’interpo-scr son autorité, qui cita Jean Hus devant son tribunal pour y venir rendrecompte de fa conduite. Wencestas & son épouse qui protégeoient ouverte-ment la nouvelle doctrine, envoyerent prier le Pape de dispenser Jean Husd’un voyage qu’il ne pourroit faire fans traverser l’AUemagne, où íà vie neferoit pas en ìûreté ( 1 ). Peu contens de cette démarche Wenceslas & sonépouse fe donnerent tant de foins & intimidèrent fi fort l'Archevêque de Pra-gue, qu’il consentit h signer un acte par lequel il déclaroit n’avoir rien trou-vé de repréhensible dans la doctrine de Jean ÍIus, celui-ci fe hâta d’envo-yer au Pape des députés chargés de justifier ses opinions; mais, bien loinde vouloir écouter les députés de Jean Hus, il les fit enfermer, l’excommu-nia lui-même, & jeta l’interdit fur la ville de Prague. Cet acte de sévéritéfut en Bohême le signal des plus grands troubles & des désordres les plusviolens. La fureur des deux partis fut telle, que Wenceslas craignant pourfa personne, courut fe renfermer dans son fort de Wi le rade, & Jean Husne fe trouvant point en sûreté dans Prague alla se réfugier h Huslìnet, villa-ge où il étoit né, & d’où il avoit pris le nom de Hus, ce fut là que le fiersectateur de Wiclef sc rendit, appellant du jugement du Pape à la 8te Tri-nité,

(1) Jîneas Sylvius c. 15. Theob. Part, 1. c. 3. Reinald ad trin. 1409.