D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Se c t. IX. 225
mité, & dc-puìs cet appel, il écrivit aux Cardinaux qu’il étoit prêt à rendre ^ dvwraison de ses opinions, même au péril de fa vie dans l’université de Prague, lemapne, 'devant tous ceux qui avoienc assisté à ses leçons. 1400-1440.
L’Eglise alors violemment déchirée par la schisme , n’étoit point allez -
tranquille pour s’occuper de cette affaire; elle en avoit d’insiniment plus im-portances, & ce malheureux schisme causoit les plus cruelles hostilités, aulujet des prélatures auxquelles les deux Papes élevoient différeras sujets. Tellefut la guerre meurtrière que Jean de Bavière, petit-fils de PEmpereur Louisde Bavière & nommé Evêque de Liege par Urbain VI, soutint contre Théo-doric,élevé à ce même Siégé par les Liégeois, & confirmé par Benoit XIII.
Le Duc de Bourgogne soutint la cause de Jean de Bavière, battit complet-tement le parti de Théodoric, & Liege sut livré au plus affreux pillage.
Cette querelle finit par un accommodement entre Jean de Bavière qui avoit étéle plus fort & les Liégeois qui se trouvèrent contraints de recevoir la loi quele vainqueur voulue leur imposer (1). Fatigués des horreurs dont ce mal-heureux schisme étoit la cause ou le prétexte, les Princes d’AHemagne as-semblèrent une diete à Francfort, pour y examiner s’ils enverroietit des dé-putés au Concile de Pise; concile sagement convoqué pour rendre la paix àí’Eglise en obligeant les deux Papes Grégoire XII & Benoit XIII de se dé-mettre & de procéder à sélection d’un nouveau Souverain Pontife ; cemoyen en effet paroissoit le plus sûr pour arrêter & anéantir même le maljusques dans fa source; mais par malheur, les Pcres de ce concile furentmal secondés dans leurs vues, & PEmpereur Wenctfiis légitimement déposé,se rendit à cette diete, où d’abord 011 examina si le Concile de Pise étoit ou n’é-toit pas légitimement aíîèmblé: Maramaur, Cardinal, Archevêque de Bari,yfit lire un mémoire dans lequel il soucenoit h légidmité de ce concile, & sasupériorité sur l’Evêque de Rome: Robert,bien éloigné de se rendre,protestaque, quoiqu’il eut la plus entiere confiance aux conciles légitimement convo-qués, il ne pouvoit adhérer à celui de Pile qui lui paroiílbit damant plus illicite,que GrégoireXII, légitime & vrai Pape, ayant seul le droit de convoquer detelles assemblées, n’avoit point donné son consentement au Synode général,rassemblé pour cela même très-illégitimement à Pise. Cette opinion n’étoitrien moins que soutenable, toutefois, elle fut fortement appuyée par le CardinalCorrario, qui, neveu du Pape Grégoire XII, avoit le plus grand intérêt hs’élever contre un concile évidemment assemblé contre son oncle. Cependant,malgré Roberts & Corrario, le plus grand nombre des Princes, des Prélats& Seigneurs d’Allemagne se déclarèrent pour le Concile de Pise (2).
L’Empereur ne pouvant rien faire, envoya des députés à Grégoire XIIpour tâcher de porter ce fier Pontife à des voies d’accomodement : ils n’enobtinrent rien, mais,avant que de retourner en Allemagne, ils se rendirent àPise, où ils s’opposerem autant qu’il fut en eux aux procédures qu’on yavoit déjà faites contre Grégoire. L’Evêque même de Verdun, l’un de cesdéputés ne craignit pas de soutenir devant les Peres astèmblés, que ce conci-le n’étoit point canonique, & il se retira avec ceux qui l’accompagnoient,après avoir fait afficher au nom de PEmpereur, un appel de tout ce qui s’é-toit fait ou de tout ce que l’on entreprendroit encore contre les intérêts de
C D Hi/ì. Luxemb. L. 58. Bzovius Monstrelet. (2) Vander Hardt. T. 2. Part 2.
Tom. XL. F f
Diete deFr arc sor t nusujet duCon-cile de l isequi e/l ap~prouvé con-tre l’opir.icnde Robert .