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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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a3fl histoire DE L’EMPIRE

Tendis que Sigismond illustrait les commencemens de son régné par desbienfaits & par les soins heureux qu’il se donnoit pour assurer le repos de seslemâgne, ' peuoles; toujours plongé dans la débauche & dans la plus honteuse crapule,1400-14-p. ie Roi de Bohême son frere, continuoit de s avilir par fa conduite infâme,

-- & de se faire détester par shorreur de sa tyrannie. Insensible b la misere pu-

Inconiuíte environné d’une foule de femmes perdues, auxquelles il vendoit le

làs S'nnî- sang du petit nombre de citoyens honnêtes qui existât encore dans lesheureuse ft- j\ passoit les jours & les nuits à table , dans 1 ivresse, ou dans les plus

tua-.im de la avi ‘ li ^ ns & les plus scandaleux amufemens. La corruption du Prince avoit

BMm, ‘ ‘ n £ de proche en proche, & la Bohême étoit en même teins livrée auxníux de Pindigence, & aux excès de la perversité; les citoyens étoient fansmœurs, les ecclésiastiques donnât l’exemple du libertinage, les troupesne connoissoient aucune sorte de subordination ; les magistrats étoient senséquité les loix fans force & Phumanité tout-b fait méconnue. Répandus

d-ns lès campagnes & fur les grands chemins, les soldats pilloient, rava-

seoient & mastacroient impunément; le laboureur fans protection & fans ap-pui avoit abandonné la culture des terres; la misere accabloit les provinces,& le désordre s’accrut au point que, malgré son insensibilité, Wenccslas ef-frayé, envoya prier les Chevaliers Teutoniques d’enrôler cette foule de bri-gands 5 & d’assassms qui défoloient la Bohême ( i ).

Le grand - Maître de cet ordre, Henri de Plauen, s’empreísa d’autant plusvolontiers de répondre b l’invitation de Wenceilas, qu’il étoit occupé alorsb faire les plus grands préparatifs pour recommencer la guerre contre Lalis-las, Roi de Pologne & contre son frere Alexandre,Duc de Lithuanie. Eneffèt, dès les premiers jours du Prìntems farinée des Teutons fe jeta dansla Mazovie, porta le ravage & la désolation dans la petite Pologne, prit laroute de Coronow, qu’Henri de Plauen avoit résolu d’afliéger: déjh mêmeil étoit parvenu à une petite éminence, à peu de distance de Coronow, quandLadislas & son frere, h la tête des Polonois parurent, & dès le même in-„ stant fe rangerent en bataille. Les Chevaliers Teutoniques fe montroient éga-

ÏTuspI lement impatiens de combattre; les deux armées relièrent en présence pen-Lfctf dam la plus grande partie du jour, & jusqu à ce que !e Roi de Pologne &Ut Teutons, fon frer( í fatigués de cette inaction, attaquèrent les Teutons qui sc défenai-rent avec’la plus grande valeur: les combattant des deux partisse mêlèrent,se battirent jufqu’b la nuit avec acharnement: la victoire demeura indécise,& quoique du côté des Polonois le nombre des morts & ues blessés fut infi-niment plus considérable, ils fe disposèrent b recommencer le combat dèsl’aurore- mais le lendemain au point du jour, ils virent que Henri de Plauens’étoit éloigné, & occupoit b quelque distance un poste avantageux, & oùil v auroic eu trop de danger b l’attaquer. Quelques jours après Henri dePlauen prit la route de ses Etats de Prusse; les Polonois le suivirent, &,pendant plusieurs mois les deux armées ne firent que s affoibhr mutuellement

par de petits combats qui ne décidoient rien.

Farieué de ce genre d’hostiiités, le grand-Maure de 1 ordre, Plauen, aussi& habile

(í) Dubravius Hift< Bohem. Dlugloflì Hijt, Pelert.