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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D'A L L E M AON E. Liv. XXV. Sect. IX. 251

nés prétentions (i). L’efpérance de cet hommage n’étoit cependant pas leseul motif qui eut engagé Sigismond h signer ce traité de ligue; tandis qu’il lemngne, "pafsoit de la cour du Roi de France à celle du Monarque Anglois, & qu’il 1314 1400.íaiíoit de vains efforts pour rétablir la paix entre les deux nations, son Royau- 'me de Hongrie étoit cruellement ravagé par les Turcs, qui, portant le sor,la flamme, l’esclavage & la mort de province en province, y avoient causéles plus horribles dévastations, & après avoir également ravagé la Dalmatie& l’Efclavonie ils s’étoient jetés fur l’Autriche qu’ils avoient tout auslì cruel-lement traitée, jusques aux environs de Saltzbourg. La violence de ceshos- R avo „ tstilités rappella l’Empereur en Allemagne, d’où il envoya faire en Hongrie djs Turcsde nouvelles levées de troupes, & dont il confia le commandement à Nicolas unHongrk.son Général, guerrier fort estimé, qui déjà s’étoit rendu fameux par des ac-tions illustres & en qui Sigismond avoir tant de confiance, que, croyantn’avoir plus rien à craindre des Turcs, il ne s’occupa plus que des moyensde concourir avec le concile de Constance à la solide extinction du schisme (2).

Quelque désir que les Cardinaux & les Prélats eustènc, pour rétablir l’uniòn& la paix dans le sein de l’Eglife; enflammés de zele pour ce qu’ils appel-îoient la gloire de la Religion, ils brûloient de signaler pour la seconde foisleur enthousiasme, qu’ils étoient fort éloignés de prendre pour du fanatisme,

& regardant le supplice de Jean Hus comme un acte très-propre à édifier lesfidelles, & à réprimer les hérétiques, il leur tardoit infiniment de profiterde l’occasion qu’ils avoient de donner au public un spectacle de la môme na-ture. Jérôme de Prague, disciple de Jean Hus & beaucoup plus éloquent que

lui, informé de la détention de son maître & résolu de le défendre, avoirdemandé à Sigismond un sauf-conduit pour fe rendre à Constance; l’Empe-reur, qui vraisemblablement sentoit combien il s’étoit manqué à lui môme ensouffrant qu’on eut attenté à la liberté & à la vie de Jean Hus qu’il avoir ga-,amies par une semblable promesse, ne voulut point se déshonorer une fe-ponde fois, & refusa d’accorder un sauf-conduit à Jérôme de Prague; celui-ci s’adressa aux PP. du concile, qui lui firent expédier le sauf- conduit ledus ample & le plus capable de le rassurer. Le Bohémien fe mit en route, jèrim demais informé de la rigueur outrée avec laquelle on traitoit Jean Hus, il re- Prague ar-

tourna fur ses pas, &, irrité de la maniéré dont on dilcutoit à Constance les rêu _ é con.

questions théologiques contre les Docteurs réputés hérétiques, il déclama í un à Con ’très-vivement contre le concile, qu’il appella injurieusement, non l’assemblée ' mCt 'de l’Eglise , mais l’écdle du Diable. Un Curé d’aux environs de la forêt noi-re , indigné du propos de Jérôme de Prague, le fit arrêter & conduire char-gé de fers à Constance.

Conduit en criminel devant les Prélats assemblés, il fut si fort intimidéd’entendre les Prélats crier de toutes parts qu’il étoit suffisamment convaincu,

& qu’il falloit le traîner au bûcher, qu’il fit une rétraction publique & très-précise des opinions de Wiclef & de celles de Jean Hus ; cependant quelquesatisfaisante que fut cette rétraction, on ne lui rendit point la liberté; il futau contraire plus étroitement renfermé: & l’on nomma des commissaires pour

(1) Juvénal des Ursins. Monflrelet. Toín. 1. Rimeri â. Publ. Tom, 9. (1) Hijior.

rerum. Hongar. Décad, 3. Lib. 3.

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