D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sec t. IX. 253
qu’il l’avoic été de se conformer aux volontés de Sigismond, passa six mois j,.,encore à Constance, fans songer à se soumettre à la sentence portée contre lemagne,"lui. Pendant qu’il paroiíJòit faire si peu de cas de la décision de l'Eglise as- 1400-1440,semblée, il apprit qu’Ernest son frere se faisoit un parti nombreux & s’asser- ***misioit dans la poflèlfion du Comté de Tirol, qu’il avoit usurpé. Le désirde recouvrer ce pays engagea Frideric à s’évader de Constance où il étoit enétage: il s’enfuit & se rendit dans le Tirol, où l'autorité d’Ernest étoit d’au-tant plus solidement établie, que la noblesse & le clergé s’étoient déclaréspour lui. Afin des’attacher un plus grand nombre de partisans, Ernest leuravoit abandonné une partie de ses droits; ensorte que les Abbés & les Pré-vôts y exerçoient la souveraineté ; les simples gentilshommes même, ausil rambitieux que les Prévôts & les Abbés régnoient en maîtres ; chacun dans t ri 7 eDuc'ses terres opprimoit & fouloit, autant qu'il le jugeoic à propos, les bourgeois d'Autricheôc les laboureurs (i)- Tandis que dans le Tirol Frideric, Duc d’Autriche & fan freres’occupoic des moyens de reprendre fa puîstànce & les domaines que son fre- î'erì""re lui avoit ravis, l’Empereur informé de la fuite de son otage, le mît au Cerné deban de l’Empire, & les Prélats asièmblés, envoyerent ordre aux Sindics de Tirai @l’Eglife de Trente, d’obliger le Duc d’Autriche de rendre la liberté à George Paix -de Lichtenstein & de lui restituer fes domaines, les Sindîcs ne purent, mal-gré leur bonne volonté exécuter ces ordres; car Frideric avoit pour lui lepeuple du Tirol fatigué de l’adminlstration d’Ernest, qui, par politique,laistoit fouler les habitans par une foule de tyrans. Les deux frétés, chacunà la tête d’un parti fort nombreux, étoient prêts à en venir à une action dé-cisive, lorsque par la médiation des Princes voisins, ils consentirent à un ac-commodement ; le traité fut très-avantageux à Frideric, qui recouvra leComté de Tirol, d’où Ion frere s’éloigna & se retira dans fes Etats de Styrie.
Après une fort longue absence, Sigismond revint à Constance, où quel-ques jours après, il investit dans son palais, Jean de Naílâu de l’Archevêchéde Mayence; il donna aussi l'investiture du Comté de Nellenbourg à l’Elec-teur Palatin, 6c celle de leurs Etats à Rodolphe, Electeur de Saxe, & àWasla, Duc de Poméranie. De tous les Princes qui vinrent recevoir à Con-stance l’investiture de leurs fiefs, Frideric le Belliqueux, Margrave de Mis-nie & Landgrave de Thuringe fut celui qui parut avec le plus d’éclat, &qui reçut aussi les honneurs les plus distingués. Sigismond lui même accom-pagné des Electeurs & de la premiere nobleíîè de l’Empire, alla au devantde ce Prince. Quelque flatteuse néanmoins que fut cette réception, Frideric Occupation}le Belliqueux suc très-mécontent de l’Empereur, qui lui refusa l’invesliture de Sigh-de plusieurs villes de Bohême, dont le Margrave de Misnie s’étoit emparé, 'n 0 ™ce Cm '
& qu’il précendoit lui appartenir par droit de conquête. Héritier préfomp-tif de Wenceílas son frere, i! n'étoit pas naturel, quelqu’amitié que l’Empe-reur eut pour Frideric le Belliqueux, qu’il consentit à démembrer le Royau-me de Bohême, ôc son refus étoit crès-juste: il ne le parut point ù Fridericqui dit hautement que celui qui lui refusoit cette investiture à Constance, fe-roit forcé peut-être de la lui donner en rase campagne. Sigismond feignit den’avoir point entendu cette menace, & comme ce n’écoir qu’à regret, & ea
(1) Gérard de Roo. IJisitr, de Rib, Jufìr.
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