D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. IX. 255
secondes noces Elisabeth de Brandebourg: ce mariage fut célébré à Constan-ce avec beaucoup de pompe sous les yeux de Sigismond, qui donna à cetteoccasion des fêtes très- brillantes. Le jugement que l'on rendit fur les infor-mations contre Bénoit XI 11 fut encore une des caules qui suspendit la déci-sion du différend entre Sigismond & Frideric d’Autriche. Benoit XIII futdéclaré convaincu d'avoir été d’intelligence avec Grégoire XII, pour ne passe trouver au rendez vous auquel ils avoient promis l’un & l’autre de fe trou-ver, afin d’y prendre les moyens de faire cesièr le schisme; il fut aussi dé-claré convaincu de s’être opposé à l’um'on de l’Eglife en refusant de fe ren-dre Lu concile de Piíè: enfin, il suc déclaré hérétique pour avoir dit qu’iln’etoit pas tenu de remplir rengagement qu’il avoit pris lui - même de renon-cer à la thiare, si on le jugeoit nécessaire.
La déposition de Bénoit XIII étoit unanimement regardée comme inévi-table , les PP. du concile fe difpofoient h procéder à sélection d’un nouveauPape, loríque le chef de l’Empire, les Allemands & les Anglois demande-rent fort vivement qu’avanc de nommer au suprême Pontificat, on travaillâtà la grande affaire de la réformation ; affaire qui avoir été le principal objetde la convocation du concile. Les Cardinaux & les Evêques, ainsi que tousceux qui cenoienc au sacré college, s’oppoferent encore plus vivement à cettedemande, répondirent qu’on auroit toujours le tems de travailler à la réfor-mation ; mais qu’il n’y avoit pas maintenant de raison à vouloir réformer uncorps qui n'avoit point de tête, & des membres qui n’avoienc point de chef;qu’il convenoit d’abord de laiílèr agir le S. Esprit, qui donneroit un chef àl’Eglife, & que ce chef ensuite, de concert avec le concile, se reformeroitlui-même & s’occuperoit du foin de reformer les ecclésiastiques, L’Empe-reur, les Allemands & les Anglois persistèrent dans leur sentiment, la disputes’échauffa, & la nation Espagnole, qui faisoit en secret des vœux pour Bé-noit XIII, fomenta de toute fa puissance cette désunion & fe joignit aux Ita-liens qui avoient attiré les François dans leur parti (i). Cette division eut dé-généré en une violente querelle, si , contre l’attente des Castillans, l’Empe-reur, les Allemands, les Anglois, les Italiens & les François ne sefusièntréunis pour terminer par une sentence définitive le procès de Bénoit XIII.Cette affaire fut décidée dans la 37 e Session' du concile : Bénoit esté fort inu-tilement pouf la derniere fois, on alla aux opinions, & le Cardinal de Vi-viers qui les avoit recueillies prononça que Pierre de Lune reconnu parjure,fchifmatique, hérétique obstiné, & visiblement rejeté de Dieu, étoit indignede toute dignité & fur-tout du suprême Pontificat; qu’en conséquence leconcile le dégradoit, le dépofoit, non seulement de la Papauté, mais en-core de tout titre, dignité, honneur & prérogative; que les chrétiens étoientabsous de touc ferment qu’ils pouvoienc lui avoir prêté, & que fous peined’être traités comme sectateurs du schisme & d’hérétiques, ils ne pouvoienclui obéir, le soutenir, lui donner conseil, secours ni azile, &c. Cette senten-ce fut publiée, affichée, & envoyée à tous les Souverains de la Chrétienté (2)-
L’Empereur espérant aíîèz mal à propos que les Cardinaux & les Evêques
(x) Gundeling Hiftor. Friier, i. P. 172. Von der Hardt. Tom. 4. (î) Idem, Ibi-
dem. Pag. 1374. Bzovius ad ann. 1417.
Hst. d’AlSlemagne ,140c- 440,
D< séreusesast aires dé-ciliées àConstance.
Dispute ausujet de laréformation,entre lesCardinauxqui ne laveulent pasN i'Empe-reur, les Al-lemands Ules Angloisqui la de-mandent,
Sentence dedéposition dtBénoit
XIII.