Impruden-tes démar-ches de Si .gismomi.
D’ALLEMAGNE. Liv. XXV. Sec t. IX. *57
porté par un zele très-peu politique, il alla se prosterner aux pieds du nou- //,/k. d'ANveau Pape. Frideric II, ni Henri IV, quelqu’amitié qu’ils euíTent pu avoir lemagne,pour un Cardinal élu Pape, n’euíTent eu garde de s’oublier à ce point: ils 1400-1440 .connoiíToient trop la supériorité de leur rang, pour avoir négligé dans cette ■occasion d’user du droit qu’avoient eu précédemment les Empereurs de con-firmer sélection du chef de l’Eglise, avant que l’on procédât h son cou-ronnement. Sigismond ne songea point combien sa démarche imprudentepréjudicioit aux droits de son sceptre & nuiroit à ses succeílèurs, & peu con-tent de cette marque de foiblesse, l’Empereur, quand le nouveau Pape al-la, suivant l'usage, ìt cheval, du conclave à la Cathédrale, tint humblementles rênes du cheval sor lequel Martin V étoit monté. Du reste, la cérémo-nie fut d’autant plus solemnelle, qu’outre l’Empereur & plusieurs PrincesAllemands qui y assistèrent, il y avoit auíïï les Ambassadeurs de douze RoisCatholiques. Sans doute ils virent avec autant de surprise que d’admirationles foins pieux du chef de l’Empìre autour des rênes du cheval du nouveauPontife (1).
Asm qu’il ne restât plus aucune étincelle de schisme, les Cardinaux & lesEvêques se donnerent beaucoup de mouvemens pour obtenir la cession deBénoit XIII ; il répondit très-froidement à leurs sollicitations; on députavers lui le Cardinal de Pise, & Bénoit ne répondit autre chose aux repré-sentations, aux mouvemens & aux exhortations du Cardinal, fi non q u'onlui laissât le soin de rendre la paix à l’Eglise, dont il étoit & vouloit conser-ver le titre de chef tant qu’il vivroit; qu’au reste, il en écriroit, & qu’iloffroit même d’en parler à Otbon, qu’il savoir être un homme fort sensé. IIpersista dans cette obstination jufqu’à fa mort qui n’arriva que six ans après,en 1424, & qui même n’éteignit pas entierement le schisme, puisque lesdeux seuls Cardinaux qui fuílènt restés attachés h Bénoit, & qui ne l’avoientpoint quitté, cíéerent Pape un Chanoine de Barcelone, qui accepta le Pon-tificat, prit le nom de Clément VIII, & s’en démit ensuite pour l’Evêchéde Majorque, que le chef de l’Empire lui fit obtenir. A peu près dans letems qu’on s’efforçoic si vainement d’engager Bénoit à se démettre, on apprità Constance la nouvelle de la mort du Cardinal Ange Corraro, qui avoitpendant si long - tems été Pape sous le nom de Grégoire XII. Comme il s’é-toit en quelque forte démis volontairement, on lui fit à Constance un servi-ce très-magnifique, & Sigismond lui-même assista à ses funérailles (2).
Cependant Martin V, qui ne cherchoic qu’à se rendre agréable & à sc con-cilier rattachement de tous les Princes, se donna beaucoup de soins pourengager Louis de Bavière Ingolstadt, & Henri de Bavière Landshut, qui,au sujet du partage de leurs Etats s’étoient voués une haine immortelle, àterminer leurs divisions, ils rejetèrent l’un & l’autre fa médiation, ainsi queles moyens de conciliation que l'Empereur leur proposa. Martin V fut plus RéconrVda-heureux dans les démarches qu’il sic auprès de Sigismond, pour l’engager à tim de Si-fe réconcilier avec Frideric, Duc d’Autriche, qui, dépouillé de ses Etats, f™”#*;*,promit non seulement de ne manquer jamais de fidélité à l’Empereur, mais ,; c , núcaussi de lui payer en forme d’amende une somme de 60000 florins d’or. Si- d’J.mchs,
Refus deBénoit XIIId'ab.Hqmrla Papauté,
1418,
'( 0 Mst- du concile de Constance, Tom. 2. L. 6. (2) Hem, Ibidem:
Tome XL. K k