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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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*58 HISTOIRE DE L’EMPIRE

Sect. IX. gismond h ce prix fie grâce à Frìderic, lui quitta même vingt mille fiorinaiíì/í.’d'Al- des soixante mille que le Duc avoit promis, & lui restitua une partie deslimaane, Etats dont il avoit été privé lorfqia’on l’avoit mis au ban de l’Empire; mais

1400-14 40. pkmpereur ne put obliger les Suidés à rendre à ce Prince les fiefs dont ils' s’étoient emparés, ni de les céder a lui-même. Les Suidés répondirent que

l’une des conditions de la guerre qu’ils avoient faite h grands frais contre leDuc d’Autriche avoit été qu’ils resteroient en possession des pays dont ils s’em-pareroient fur ce Prince. Sigismond ne croyant pas devoir recourir aux ar-mes pour forcer les Suissies à restituer ces domaines, s accommoda avec ceuxdes Cantons qui s’étoient aggrandis aux dépens de Frideric, & au moyen dequelques sommes d’argent que ces Cantons payerent au chef de l'Emplre; ilconvint qu’ils resteroient en possession des places & des terres qu’ils avoientravies au Duc (1).

Sigismond n’avoit, du moins depuis qu’il occupoit le trône impérial, au-cun des vices de Wenceslas; mais il avoit, comme lui, le défaut d’être fortprodigue; & même quelquefois peu délicat fur les moyens de remplir lès cof-fres, épuisés par fes profusions: il fe trouvoit souvent dénué de finances, &alors il avoit recours aux emprunts: il engageoic des places & dc-s villes,qu’il n’étoit rien moins qu’exact à dégager; dans l’un de ces cas qui arri-voient très-fréquemment, il s’adreílà aux Anglois qui lui remirent une partieCause de de la dot de Blanche, fille de leur Roi & épouse de l’Electeur Palatin qui

’uftureen- avo j t consenti à cet arrangement: mais dans la fuite l’Electeur redemandant

mmitf cette portion de dot h l’Empereur, celui-ci fort ossenfé d’une telle demande

ïEietleur menaça l’Electeur de le contraindre par la force des armes, h restituer tous

Xuluiii. les fiefs & tous les domaines qu’il l’accufoit d’avoir usurpés fur l’Empire. Cet-

te maniéré de payer une dette ulcéra vivement l’Electeur, & dans cet instantle chef de l'Emplre & ce Prince furent irréconciliablement brouillés.

Pendant que Sigismond s’approprioit en partie la doc de l’époufe de l’E-lecteur Palatin, refusant de rendre l’argent que le Roi d’Angleterre avoit en-voyé à son gendre; Wencefias en Bohême chancelloit fur l'on trône, & sesprovinces ravagées ne pouvoient résister aux fureurs d’une foule de fanatiques,qui, le fer & la flamme à la main, portoient de contrée en contrée la déso-lation & la mort. Ces fanatiques étoient les sectateurs de Jean Hus & lesvengeurs de Jérôme de Prague. Ce torrent destructeur fe fut peut-être dissipéaprès avoir ruiné une partie de l’Etat, s’il n’eut été guidé par le célébré &redoutable Ziska, (le plus impitoyable des hommes, le plus habile Généralde son tems,) & par Nicolas de Hussinetz, qui, avec moins de talens, étoitinfiniment plus ambitieux que Ziska. Nicolas, Gentilhomme ordinaire, peudistingué par fa naiílànce & beaucoup moins par lès qualités, n’afpiroic à rienmoins qu’à s’élever au trône de Bohême, & il crut que le fanatisme & l’ap-parence du ze le qu’il montroit pour la doctrine de Jean Hus feconderoientce projet insensé. Malgré fa dissimulation, on démêla fes vues; mais commeon ne le craignoit pas assez pour le punir, on fe contenta de l’éloigner dePrague, & il alla aux environs de Bechin où, à force d’hypocrisie, & dediscours séditieux il ameuta quarante mille fanatiques, fe mie à leur tête, alla

(1) Gérard de Roo Hislor. Austr. P. 144.