D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sbct. IX. a^i
de troupes ; ensorte que la citadelle de Wisrhade fut en état de repousser lesattaques des aílìégeans: ceux-ci furieux de la supercherie du Burgrave de -Wir-temberg résolurent de périr où de se rendre maîtres de cette place, furentpuistàmment soutenus par Zisk.a, pénétrèrent dans le fort, & en furent re-poussés (i) parles Catholiques de Prague. Irrité des obstacles qui rendaientses efforts inutiles, Ziska écrivit des lettres circulaires pour inviter tous lesHuffites à venir le ranger sous ses étendards; ils accoururent en foule; il bat-tit les Impériaux, se présenta sous les murs de Prague dont les portes lui fu-rent ouvertes; le Sénat, le Ciergé, les citoyens allèrent an devant de lui,& il fit son entrée au bruit des acclamations publiques. Ce triomphe 6c lasoumission des habítans de Prague ne fatisfaifeient qu en partie les vœux &les hauts projets de Ziska; la réduction de Wisrhade pouvoic seule contenterses désirs; ils poursuivit avec une activité sans égale cette grande entreprise(2).
Pendant que les distendons, le fanatisme & le plus affreux brigandage ra va -geoient la Bohême & que malgré le secours des impériaux, les Catholiquesexpiraient sous les coups des Huflìtes, le Dannemarck étoit en proie auxplus funestes divisions. Depuis que la Reine Marguerite avoit conclu, en 1411une trêve avec la Maison de Holstein, le calme paroissoic s’ècre solidementrétabli; mais les Comtes de Holstein & Eric, Roi de Dannemarck conser-voient toujours la haine mutuelle dont ils étoient animés & n’attendoient pourla faire éclater qu'une occasion favorable. Lorsqu’on avoit conclu cette trê-ve, il avoit été convenu que Wratistas, Duc de Poméranie servit arbitre entrele Roi Eric, & Henri, Duc de Brunswick Lunebourg, oncle des enfans deGerhard, Duc de Sleswick; Wratistas avoit rendu fa sentence; mais la ReineMarguerite n’étoit plus, & le Roi de Dannemarck ne croyant pas devoircompromettre ses droits, ni entrer en négociation avec des sujets, qu’il re-gardait comme rebelles, bien loin de se soumettre à la sentence du Doc dePoméranie, envoya sommer le Duc Henri de Brunswick Lunebourg, ainsiqu'Elisabeth, veuve de Gerhard, & Henri, Adolphe & Gerhard ses enfansde comparaître devant l’aslèmblée des Etats convoqués à Neubourg en Fio-nie, où cette affaire dévoie être jugée par lui seul. Ils comparurent tous;le Duc Henri conjura le Roi Eric de vouloir bien donner Pinvestictre duDuché de Sleswic aux enfans du Duc Gerhard; mais ses prières.ne f.ircncpoint écoutées, car il étoit prouvé que Gerhard appuyé par une foule degentilshommes, & ingrat envers la Reine Marguerite qui lui avoit accordel’investiture du Duché de Sleswic, s'étoit révolté contre elle ; il les si: toussommer de venir rendre compte de leur conduite ; ils furent convaincus defélonie, 6c, à la pluralité des voix, les Princes de la Maison de Holstein su-rent déclarés déchus de tout droit an duché de Sleswick. Vainement Henri,fils aîné de Gerhard se jeta aux pieds du Roi, & le conjura de lui donnerFinvestieure de ce Duché h titre de fief; il ne put rien obtenir (3).
L’instexibilité d’Eric déplut h la plupart des Princes d’Allemagne, & ilsencrèrent dans le parti de la Maison de Holstein: les premiers qui lé détîare-rent pour elle furent Balthazar, Prince de Wandalie, Henri deBrunsvick,
(1) Lime EpJtmsr. Rer, B d: un. Theoba’d. Hijl. Bell. Hujsit, (2) Id. ibìd. J.ìlbíiï.Epit. P. 44.2. I.upac Ep.JîS'ner, Rtrnn Bohem. (3) Barre H’.jì. d’Alhm. Toœ. 7 - ?■
CT j'uiv. tluitfel-J Uijl. Da;. T. 4.
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