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HISTOIRE DE L’E M P I R E
Sect. IX.H il. <V Al-lemagne,1400-1440.
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leur G énéral, qu’il leur donnoit les biens des malheureux qu’ils avoient égor-gés, &c qu’il les mettoic en postèssion des couvents & des monastères dont ilsavoient maílacré les religieux. Allarmé de ces désordres, & dans la vue deles faire cesser, Sigismond indiqua une diete h Brinn en Moravie, il s’y ren-dit avec la Reine Sophie, un Légat du Papa, & une foule de seigneurs :p:r ses foins & la sagesse de sa conduite, il rétablit le calme, du moins enMoravie, & les habitàns de cette province s’engagerent h le seconder de tou-te leur puissance. Les seigneurs & les Magistrats de Prague invités par l’Em-percur, se rendirent h cette diete, promirent de rcconnoître Sigismond pourleur Souverain & le prierent d’oublier tout ce qui s’étoit passé; mais en mê-me tems ils demanderent une liberté entiere de conscience, & la permissionde communier sous les deux espaces & de professer la doctrine de Jean Issus.S! 0 ismond n’eut garde d’accepter ces propositions, mais il répondit qu’il leurnotifierait par écrit lés intentions. En effet, il si t très-peu de jours aprèspubìier une déclaration par laquelle il ne promettoit une amnistie générale auxilussites, qu’d condition qu’ils cesseraient toutes les hostilités, qu’ils iroient dé-poser leurs armes & leur artillerie dans le château de Wisrhade : qu’ils abat-traient les murs & les retranchemens qu’ils avoient élevés contre le fort deSt. Wenceslas, que cessant de maltraiter les religieux & les ecclésiastiques,ils obligeraient les Généraux & commnndans des places, d’abandonner lespostes auxquels ils les avoient élevés, & qu’à leur place ils les céderaient& fe soumettraient aux officiers du Souverain.
Cette déclaration intimida si fort les Ilussites que sortant de Prague, ils seréfugièrent les uns auprès de Ziska, les autres auprès de Nicolas de Hussi-netz, & le feu de la révolte fe ralluma plus vivement que jamais. Ziska plusfort qu’il ne l’avoit été encore, répandit de province en province la conster-nation; il devint la terreur de la Bohême, & son nom célébré en Europeremplissoit de frayeur les ennemis des Ilussites. Sigismond trop persuadé quecette troupe de fanatiques conduite par un Général aveugle, n’étoit rien moins,que redoutable, négligea pour le malheur de ses sujets, d’arrêter cet essaimde dévastateurs; dans la fuite il ne put plus s’oppolèr h leur fureur, quandLs Ilussites aggueriis & disciplinés en furent venus au point de se persuader,qu’en exécutant les ordres de Ziska, c’étoit au Ciel même qu’ils obéissaient,.& que le fanatisme les eut rendus aussi cruels, aussi terribles que leur chef.Déjà Zhka s’étoit signalé par une célébré victoire remportée fur Albert, Ducd’Autriche & Henri de Krawartz commandant de Moravie ; les Ilussites avoientmassacré les Impériaux, & Ziska victorieux marchant vers Prague, s’étoitrendu maître de la nouvelle ville où il avoic rétabli les Ilussites, qui fiers deleurs succès, avoient sommé le commandant du château de Wisrhade de leurlivrer cette place; mais le Burgrave de Wirtemberg à qui Sigismond avoitcor.fié la défense de cette forte relie, se trouvant trop foible pour résister, &ne voulant cependant point livrer le fort, usa de stratagème, & réponditqu’.l ne demandoit que 15 jours pour se déterminer ou à répondre à la con-fiance de l'Empereur, ou à emkraíll-r la doctrine de Jean Mus, pour laquelleiî se se n toi t beaucoup d’inciination; les Ilussites enchantés des bonnes inten-tions qu’ils supposoient au Burgrave, lui accordèrent sa demande; il profita•de Leur crédulité,, envoya secrètement vers Sigismond,. qui fit partir un corps.