Sos
HISTOIRE DE L’EMPIRE
Sict. IX.
Mil. d’Al-
leinagne,
1400-1440.
DéVte riesHuffites enSl'altiíke.
Si ìsmcnd
fti ìt-ilie.
Viâtiire furìes floren-tins U ItsVénitiensSigismondcouronné àRome.
miner, balancèrent encore, & aflèmblés à Prague ils discutèrent long-temspour savoir s’ils confentiroient à se présenter au concile; les Thaborites, lesOrebites & les Orphelins refusoient d’accepter cette invitation, & alléguoientl’exemple de Jean Hus & de Jérôme de Prague, inhumainement brûlés àConstance, malgré la fureté que leur donnoit le sauf-conduit qu’ils avoientreçu. Les seigneurs de Bohême & le reste des Huffites soutenoient au con-traire que sans marquer une coupable obstination, on ne pouvoit se dispenserd’accepter les conditions proposées par le concile. Cette derniere opinionprévalut, on nomma des Ambassadeurs; ceux du Clergé Huslìte furent Ro-kyczane, Pryne & Biscupecz; à la tête des députés de la noblesse étoient Pro-cope Rase, & Guillaume de Kostka. Les Thaborites & les Orphelins quis’étoient opposés à la députation, croyant par cela même, ne pas devoir ces-ser leurs hostilités contre les Catholiques, allerent successivement ravager laLu face, la Marche de Brandebourg, la Silésie & la Moravie, d’où ils sejetèrent sur l’Autriche ; mais ils furent attaqués par Puchomir h la tête d’uncorps de troupes Autrichiennes; les Huffites supérieurs en nombre eurentl’avantage; les Autrichiens furent vivement repoussés, & déjà les Huffites secroyoient assurés de la victoire, lorsque le Général Kragir, à la tête des Mo-raves tomba fur les Huffites, les enfonça & les poussa jusques derriere leurschariots, où ils se retranchèrent pendant la nuit: dès le lendemain au pointdu jour Kragir les attaqua encore, & les forçant dans leurs retranchemens,il les obligea de prendre la fuite, s’empara de tout le butin qu’ils avoientfait, brûla tous leurs bagages, les contraignit de se retirer, & les défit sicomplettement qu’ils n'osèrent plus se montrer de quelque tems (1).
On ne s’occupoit en Europe que du concile de Baie & de la dispute quis’étoit élevée entre Eugene IV & les Pères du concile. Sigismond qui avoitagi avec tant d’activité à Constance, se flattant d’avoir la même prépondéran-ce à Baie, se rendit en Italie & se fit couronner à Milan Roi de Lombardie:Eugene IV n’avoit pas oublié que c’étoit par les foins de cet Empereur queBénoit, Grégoire & Jean avoient été déposés à Constance ; Eugene qui avoitde très-vives contestations avec les Peres du concile, n’apprit qu’avec émo-tion la nouvelle du voyage de ce Monarque, & craignant qu’il ne s’opposât,ainsi que la plus grande partie du clergé, à la dissolution de l’assèmblée deBâle, il se ligua secrètement avec les Vénitiens & les Florentins qui envoye-rent une armée de 20,000 hommes pour s’opposer aux desseins de Sigis-mond; mais Vifcomti, Duc de Milan joignant ses forces à celles des Impé-riaux attaqua les troupes des deux Républiques & les tailla en pieces; lesFlorentins & les Vénitiens perdirent 10,000 hommes dans cette journée, &presque tout le reste de leurs combattans furent faits prisonniers. Malgrétous les obstacles que la jalousie lui opposoit, Sigismond entra dans Rome& s’y fit couronner des mains du Pape ; il parvint même à faire cesser toutesles hostilités, malgré les intrigues d’Eugene, qui dans le même tems témoi-gnoit extérieurement à l’Empereur le zele le plus vif. Le Duc de Milan, àh faveur des divisions qui depuis très - longtems agitoient les Génois, étoitparvenu à se rendre seigneur de Gênes, & vouloir y gouverner despotique-
(i) Barre llist, d'Allsm. Tom, 7. Pag. 351. Aeneas Sylvius.