D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. IX. 301
Martin V, qui avoit désigné le Cardinal Julien pour y présider. Ce Cardinalécrivit aux Hussites qu’on étoit prêt à donner ìi leurs députés le plus ample lemagne,sauf- conduit, & qu’on feroic tout au monde pour terminer une trop longue 1400 x440.
& trop sanglante dispute: certe lettre avoit déjà produit de très-bons effets -^
à Prague, lorfqu’il prit tout à coup fantaisie à Eugène de craindre que cetteindulgence peur les Iluslìtîs ne préjudiciât à la foi Catholique. D’après cettevaine'terreur, il envoya ordre à Julien, de dissoudre le concile de Bâle & dele transférer à Bologne: Julien, au lieu d’exécuter cet ordre, répondit atiPape & lui fit sentir qu’après l’inv : tation qu’d avoit faite aux Hussites de venirà Baie; une translation aussi subite leur seroit très - suspecte; que d'ailleurs lesCardinaux & les Evêques ayant accepté Bâle & ne voulant point aller à Bo- MèsinteW.logne, non plus que l’Empereur; cette innovation risquoit d’entraîner des ff tnce ín -'\mécontentemens qui pourroient finir par un schisme. L’Empereur fit au Papedes remontrances encore plus fortes : mais Eugène étoit par malheur le plus du concile 'obítiné des hommes; il persista dans son opinion; les Peres du concile ne de Bâle.voulurent point céder, & dès lors la mésintelligence divisa le chef de l’Egli- H 3 2 *se, les Cardinaux & les Evêques.
Cependant l’Empereur, toujours dans l’espérance de ramener les Bohé-miens, les invita à envoyer des députés à Presbourg, où il tenoit une dicte:ces députés s’y rendirent; mais ne voulant point encrer dans la ville, decrainte d’y être arrêtés; TEmpereur fit dresièr des tentes en pleine campagne;il y donna audience aux envoyés Hussites: ils se plaignirent amèrement dela maniéré dont Jean H us & Jérôme de Prague a voient été traités à Constan-ce, & déclarèrent qu’ils ne se rendroient point à Bâle. Sigismond leur pro-mit de leur répondre à ce sujet d’une maniéré satisfaisante à Egra, où dansune assemblée qu’il convoqueroit, il leur seroit part des intentions du concile,
Les Hussites avoient d’autant moins de confiance, qu’ils n’ignoroient pas queles Peres du concile faifoient tous leurs efforts & formoient diverses intriguespour détourner les Princes d’Allemagne de tout accomodement avec les Bo-hémiens (1). Quelque mal intentionnés que les Peres du concile panifientêtre, ils donnerent cependant le sauf-conduit le plus ample & le plus satis-faisant aux députés que les Bohémiens jugeroient à propos d’envoyer à Bâle,
Par ce sauf conduit i! étoit statué que fi quelqu’un des députés Bohémiens foieen allant, soit pendant son séjour, ou s’en retournant, comme,ttoic quelqu’ac-tion qui put annuler son privilège, ce seroient les Bohémiens eux-mêmes,
& non d’autres, qui en seroient justice: de même quê ce seroit le concile deconcc-rt avec les députés Bohémiens qui seroit justice de quiconque d’entre Snuf-ccn-les Catholiques insuiteroit ou porteroit préjudice à quelqu’un d’entre les Bo- dui: accordé’hémiens; que les députés seroient libres de rester à Bâle ou de s’en aller ail- l ' C T:.leurs, comme ils le jugeroient à propos, & que, dans le cas où ils vou- aux tlujsi-droient, pour changer d’air, forcir de la ville, ils seroient escortés par les trou- tu.pes du concile, de même que les Ambassadeurs Hussites auxqucls il seroitdonné une escorte à leur retour, pour les accompagner jusqu’à Tachau cuautre ville frontière qu’ils voudroient désigner (2).
Quelqu’étendu que fut ce privilège,, les Hussites, avant que de fe déter-
(1) Pagi, Brt-j. gefl. Pont. Rom. Tom. 4. Raynald ad ann. I4ZI. (2) Ctncil. Labso-Ï0111. 12. Pag. 48 1, 484. Theob. Bell, JHujJ.
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