o2CT. 11C.
fís. ri’Al-lemagne ,1400-1440.
J'iiïoìrc desBivatoìsJur les Hus-fiies.
Traité d’ac-somodement,division pnr-n. i les Hus-(iles.
304. HISTOIRE DE L’EMPIRE
plus grande partie des Hufiìtes: mais quoique foible & peu nombreuse, 1sgarnison se défendit, avec tant de valeur, que les affiégeans désespérant deprendre la ville d’assaut, résolurent de saffamer & en formereut le blocus.Environ 700 Hussues & 700 cavaliers se détachèrent de l'armée & allerentravager le Haut Palatinat; ils s'en retournoient chargés de butin, lorsquetombant dans une embuscade que leur avoient tendu les Bavarois, ils furent•mis en pieces, & maltraités au point qu’à peine trente cavaliers échappèrentau carnage. A la nouvelle de ce désastre, l’armée de Procope éclata en mur-mures contre son Général, qui, fans les instances des Thaborites, eût quittéle commandement & se seroit retiré à Prague. Un renfort considérable de■troupes Polonoisís vint fe joindre aux Hufiìtes, & Procope résolut de recom-mencer avec une nouvelle ardeur le siégé de Pilsen; les assiégés opposèrentîa plus vigoureuse résistance, mais réduits à l'extrémité, fans vivres, presquesans munitions, ils fe voyoient au moment de ne pouvoir plus tenir, quandils reçurent une somme considérable des Peres du concile; ils avoient faitpasser à Maisonneuve 8000 ducats; il en acheta des vivres & d’autres mu-nitions: les Calixdns & les Catholiques y joignirent 1400 muids de farine:Maisonneuve fe chargea de frire entrer ce convoi dans la place, où en effetil pénétra à la faveur du désordre que causa une attaque qu’il fit au quartierdes Thaborites (1).
Un é-venement auquel on n’avoit guercs du s’attendre vint semer la divisionparmi les Hufiìtes, & cere division fut Pavant- coureur de leur ruine enriere.Les Peres du concile do Bâlc envoyerent h Prague des députés chargés deprésenter un formule d’union ; formulaire qui se rapprochoit autant qu’il étoitpossible de la doctrine de J.rn Hus, & sur ■ tout qui accordoit la communionsous les deux efpeces. Rockyfane, lc-s Calìxtins & presque toute la noblesseBohémienne souscrivirent à ce formulaire, & envoyerent assurer le concile deleur soumission. Les Cardinaux & les Evêques assemblés à Bàle reçurent cesdéputés avec la plus grande joye, & dressèrent le célébré traité de paix con-nu fous le nom de Compactât a qu’ils renvoyèrent à Prague, & auquel Roc-kysane & les Calìxtins fe soumirent. Les Thaborites & les Orphelins, bienloin de vouloir souscrire h cet accomodement, fe déchaînèrent avec une espe-ce de fureur contre Rockyfane qu’ils traitèrent hautement de lâche & de per-fide (2). Ulcérée de ces propos injurieux, la noblesse de Bohême prit leparti de Rockyfane, & résolut de s’emparer de Prague ; la vieille ville reçutRockyfane & les nobles: Procope le petit commandoìt dans la nouvelle vil-le: il refusa de se soumettre à la noblesse; Maisonneuve & Risemberg h latête des nobles, l’attaquerc-nt, pénétrèrent dans la nouvelle ville, fe jeterentfur les Thaborites, les Orphelins & les Hufiìtes opposans, & en firent unhorrible carnage. Cette attaque, disent les chroniqueurs du tems, coûta lavie h plus de 20,000 Hufiìtes (3).
A la nouvelle de ce massacre, Procope Rase furieux jura de venger lesThaborites, écrivit à tous les alliés de venir le joindre, leva le siégé de Pil-sen,
(1) Id. Ibii. Aeneas Sylvius Bell. Ilujs. cap. 15. (2) Concíl. Lab. Toa. 12. Orth,
wrat. in sel, Pag. 150. (3) Czechor. Mars Mtnv» Pag. 58s.